Exposition

À double entrée

jusqu’au 15 mai 2009

Vernissage le 7 avril à partir de 16h
Au lycée Jean Jaurès
Entrée libre du lundi au vendredi
De 12h30 à 13h30

avec les œuvres de Tjeerd Alkema, Zong De An, Esla Bechieau, Brice Bourdet, Sandrine Champdavoine, Johan Creten, Sylvie Fanchon, Andy Goldsworthy, Pascal Kern, Franck & Olivier Turpin, Xavier Zimmermann.

Une exposition conçue et réalisée par les élèves de la classe de première L1 option arts plastiques du Lycée Jean Jaurès sous la direction pédagogique de Mme Girard. Les élèves ont pris la posture du commissaire d’exposition pour concevoir cette proposition en écho à l’exposition Un plan simple présentée au Centre d’art Mira Phalaina de la Maison populaire par le collectif de commissaires d’exposition Le Bureau/. Les élèves découvrent ainsi toutes les facettes des métiers de l’exposition (direction artistique, scénographie, régie, communication et médiation).


Frank et Olivier Turpin
Boxe, 1991
diptyque, tirage couleur,
24,5 x 18,5 cm
Collection d’art contemporain du Conseil général de Seine-Saint-Denis

Dans l’exposition Un plan simple, les œuvres sont les éléments d’un tout qui s’appréhende comme une image plane. Les élèves ont sélectionné une œuvre dans cette exposition comme point de départ pour la leur, ils ont ensuite choisi les œuvres dans la collection publique du Conseil général de la Seine-Saint-Denis. L’œuvre point de départ est celle de Michel François Déjà-vu (cactus). Cette photographie extraite de la série Déjà-vu, joue sur un effet visuel provoqué par la symétrie de l’image. L’image dédoublée comme en miroir exerce un pouvoir de fascination et se change en un grand test de Rorschach. L’impression de déjà-vu, la paramnésie, est un trouble de la mémoire, un souvenir délocalisé, une réminiscence comme un réel dédoublé dans le temps et l’espace. La mémoire est une répétition du réel, mais c’est une duplication qui ne s’opère jamais vraiment à l’identique. C’est de cette idée de différence dans le même, d’une image symétrique, horizontale dans laquelle tout pousse par le milieu, que l’exposition À double entrée est née.


Frank et Olivier Turpin
Duel, 1998
diptyque, tirage couleur,
24,5 x 18,5 cm
Collection d’art contemporain du Conseil général de Seine-Saint-Denis

Les deux expositions se répondent, À double entrée est aussi conçue comme une image, mais elle n’est pas frontale comme dans Un plan simple, elle est ici symétrique. Dans le monde de l’espace et le temps, la symétrie tire son sens d’un centre, à une répétition des formes en miroir sur les côtés d’un axe. Dans la Grèce antique, la symétrie a été considérée comme indispensable à la création de l’équilibre, l’ordre et la beauté. Les œuvres s’organisent ici de part et d’autre d’un axe central à la manière d’un jardin à la française. Cet axe est dessiné au sol par l’œuvre de Zong De An Etre avec le temps qui se compose d’un double alignement de 38 feuilles de papier chinois recouvertes d’or et d’un clou plus ou moins rouillé. Une ligne centrale qui se retrouve dans l’oeuvre d’Andy Goldsworthy, photographie qui agit comme la trace d’un geste artistique éphémère effectué dans la nature. Cette ligne rouge divise en deux moitiés l’alignement des feuilles de hêtre.


Frank et Olivier Turpin
Le miroir, 1999
diptyque, tirage couleur,
24,5 x 18,5 cm
Collection d’art contemporain du Conseil général de Seine-Saint-Denis

Emblématiques du propos de l’exposition, les diptyques de Franck et Olivier Turpin, jouent sur la gémellité des deux artistes. L’œuvre Miroir évoque la théorie de Jacques Lacan selon laquelle le miroir est l’objet par l’intermédiaire duquel l’enfant s’identifie à lui-même et assume une image. Le reflet est donc l’image d’un double qui sert à sa propre identification. Le mot « identité » est lui-même à double sens, à la fois caractère de ce qui est identique et de ce qui rend différent de l’autre… Aussi, le miroir est à la fois duplication du réel et source d’illusion. Une illusion présente dans l’exposition à travers les Deux paquets de gitanes blancs de Tjeerd Alkerma et le triptyque Nature de Pascal Kern, la première jouant sur le point de vue et l’anamorphose, la seconde sur la perception du convexe et du concave. Ces contradictions du plein et du vide, positif et négatif, sont présentes dans Madame Buterfly de Johan Creten, deux lourdes battes de baseball parsemées de petits pétales délicats, ou dans les photographies de Façades de Xavier Zimmermann où le noir et le blanc s’opposent par grand contraste. Ces deux Façades sont extraites d’une série, c’est-à-dire qu’elles font partie d’un ensemble d’œuvres conçues comme faisant partie d’un même projet, elles forment ainsi un ensemble. Cette idée de la série, du multiple, de la répétition est une autre ligne de force de l’exposition. Les peintures de Sylvie Fanchon déclinent ainsi différentes associations de deux couleurs. Les œuvres d‘Elsa Bechiau, Brice Bourdet et Sandrine Champdavoine font quant à elles parties de séries issues de projets collectifs autour d’un même sujet. Ces déclinaisons et duplications d’images introduisent de la différence dans la répétition. La répétition n’est pas, comme on a tendance à le penser, redite de l’identique mais toujours retour du singulier…

Exposition réalisée en partenariat avec le Conseil Général de la Seine-Saint-Denis et sa collection publique d’art contemporain, la Maison populaire et le Lycée Jean Jaurès.

Informations

Au lycée Jean Jaurès- 1 rue Dombasle - 93100 Montreuil
du 30 mars au 15 mai
Entrée libre du lundi au vendredi de 12h30 à 13h30
Visites commentées sur rendez-vous au 01 42 87 08 68

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