Séquence 3 : Rew

Altérations

Vendredi 10 juin à 20 h 30

Cette dernière séance du cycle s’organise autour d’œuvres qui ont pour objet l’altération ou le déréglage, à des niveaux très différents, d’images ou de formes pré-existantes.

Eric Rondepierre procède, dans plusieurs de ces séries photographiques, à des prélèvements d’images extraites de films ayant subi des altérations temporelles ou chimiques. Len Lye, le père du film direct, propose un « tatouage » de pellicule au service du « Post office » britannique. L’Idée d’artifice de Hubert Renard joue sur le déréglage progressif d’une interview filmée qui semble au premier regard des plus communes, tandis que Marcel Odenbach découpe littéralement l’image en ne proposant au regard du spectateur que d’étroites bandes de films récupérés. Martin Arnold, en s’attardant sur un très court extrait d’un film hollywoodien des années 50 à travers une répétition frénétique d’avance et de retour dans la progression de l’image, révèle les sens cachés (et refoulés) de l’image hollywoodienne.

Ce qui semble se jouer dans ces différentes figures de l’altération, c’est la charge que porte l’étymologie du terme : l’image devient autre, et c’est cet autre, inhérent à toute image, que les artistes mettent en lumière.

invité Eric Rondepierre
Eric Rondepierre développe depuis le début des années 90 une pratique photographique intimmement liée au cinéma et à sa materialité. Ces oeuvres se proposent ainsi souvent comme des « arrêts sur images », des prises de vue de photogrammes extraits de films choisis comme terrain d’investigation : films d’archives, films anonymes stockés dans des cinémathèques, etc. Au fil de séries photographiques telles que les Excédents (prises de vue de photogrammes noirs glissés entre les images de de films sous-titrés) ou Précis de décomposition (photogrammes extraits de films corrodés par le temps et les mauvaises conditions de stockage), Eric Rondepierre questionne les coïncidences de sens, imperceptibles dans une temps normal du visionnage d’un film, qui surgissent de la confrontation entre ces altérations, ces éléments extérieurs au films, et les images originales. Il nous présente ici cette démarche en perspective de travaux plus récents.

Hubert Renard, L’idée d’artifice, 2002
7’, vidéoprojection

Len Lye, Trade Tatoo, 1937
5’, projection 16 mm

Gustav Deutsch, 55/95, 1994
1’, projection 16 mm

Bill Morisson, Photo op, 1992
5’, projection 16 mm

Martin Arnold, Alone, Life Wastes Andy Hardy, 1997-1998
14’, projection 16 mm

Cathy Joritz, Negative Man, 1985
2’30, projection 16 mm

Marcel Odenbach, Die Distanz zwischen mir und meinen Verlusten, 1983
10’, vidéoprojection

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Entrée libre

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