Écrans philosophiques

Bons baisers de Bruges

mercredi 28 novembre 2012 à 20 h 30

présentation suivie d’une discussion avec la salle, au Cinéma Méliès

Film > Bons baisers de Bruges (In Bruges) de Martin McDonagh (UK, USA, 2008, 1 h 47) avec Colin Farrell, Brendan Gleeson, Ralph Fiennes.
Présenté par Matthew Pateman, professeur de l’esthétique populaire à l’Université de Kingston, Londres.

Présenté par Matthew Pateman, professeur de l’esthétique populaire à l’Université de Kingston, Londres.


Article de Guillemette Odicino

Parce qu’il fut à la fois séduit et dérouté par Bruges lors d’un week-end touristique, le réalisateur Martin McDonagh décida, pour son premier long métrage, de créer deux personnages antagonistes, l’un rétif, l’autre charmé par la cité lacustre. Ainsi naquirent Ray et Ken, tueurs à gages londoniens envoyés à Bruges par leur patron (Ralph Fiennes, siphonné, inquiétant, parfait) pour se faire oublier. Lors de leur dernier contrat, Ray (Colin Farrell) a en effet commis une énorme bavure. Rongé de culpabilité, instable, il reste imperméable à l’attrait de la ville, quand Ken (Brendan Gleeson) le force à l’accompagner de canaux en musées. Puis, de Londres, Ken reçoit l’ordre d’éliminer Ray : voir la Venise du Nord et mourir...

Comment dépoussiérer une fois encore la figure du tueur à gages ? Dramaturge reconnu, Martin McDonagh réinjecte de la tragédie dans la comédie noire languide et filme la déprime de Ray avec une vraie intensité dramatique. Dans le rôle de ce tueur inconsolable, Colin Farrell, aussi infantile et fébrile que dans Le Rêve de Cassandre, de Woody Allen, cabotine comme seuls les très grands peuvent se le permettre. A ses côtés, Brendan Gleeson (le professeur Maugrey Fol-OEil des Harry Potter 4 et 5) est un attachant père tranquille.

Leurs chamailleries à propos de Bruges évoquent la scène où Travolta et Samuel L. Jackson dissertent sur le royal cheese dans Pulp Fiction. Cousin britannique de Tarantino, McDonagh ne se contente pas d’allier dérision et drame. Il exploite aussi à merveille l’atmosphère gothique de la ville belge, comme en témoigne la scène finale, qui mêle référence picturale (Jérôme Bosch) et hommage cinématographique à Nicolas Roeg. Un premier long métrage aussi singulier et séduisant que la ville qui l’a inspiré.

Informations

Au cinéma Georges Méliès
Centre commercial
M° Croix-de-Chavaux (ligne 9)
93100 Montreuil

Les séances ont lieu à 20 heures 30. Pour des raisons relatives à la disponibilité du film, vérifier qu’elles ont bien lieu, ainsi que l’horaire qui peut varier selon la durée de la projection, auprès du cinéma Le Méliès 01 48 58 90 13, ou de la Maison populaire de Montreuil 01 42 87 08 68.

Prix de la séance, conférence comprise :
 Tarif plein : 6, 50 €
 Tarif réduit : 5 €
(Montreuillois, - de 18 ans, + de 60 ans, étudiants, adhérents de Renc’Art au Méliès)
 Tarif carte de 10 places : 46 € (non nominative, valable 1 an)
 Tarif préférentiel : 4 € (chômeurs, RSA, familles nombreuses)

Cycle conçu par la Maison populaire et organisé avec le Collège international de philosophie et le cinéma Le Méliès, en collaboration avec l’université Paris I Panthéon-Sorbonne.

Pour tous renseignements :
Annie Agopian, directrice de la Maison populaire
Stéphane Goudet, directeur du Cinéma Le Méliès
Sophie Gouverneur, directrice de programme au CIPh et Pascal Sévérec, directeur de programme au CIPh.

Partager

Haut de page