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Géographies fracturées #2 : A New World Border Border Art Workshop / Guillermo Gomez Peña & Isaac Artenstein Laura Waddington / No Border Camp

vendredi 8 janvier 2010 à 20 h 30

Projection - débat

Le peuple qui manque propose un cycle de projections, panorama de la vidéo et du cinéma contemporains, comme autant de voix qui viennent décentrer les regards, renverser les perspectives et les hégémonies, exploser les frontières, défaire les identités nationales, fracturer nos géographies, à partir des expériences de l’exil, de la migration, des processus de créolisation.

Lors de cette seconde séance intitulée « A New World Border », nous verrons comment des artistes, vidéastes, performers ont pris pour théâtre d’action privilégié la question de la frontière et principalement de la frontière mexicano-américaine.

Border Art Workshop (BAW)/ Taller de Arte Fronterizo (TAF) (1986-2000, 20 min) - inédit en France
Dans la lignée du Chicano Art Movement, né aux Etats-Unis dans les années 70, le mythique collectif Border Art Workshop (BAW) / Taller de Arte Fronterizo (TAF) , entremêlant performance, vidéo et activisme, travaille, depuis 1985, autour du topos politique, culturel et imaginaire de la frontière, à partir d’actions site-specific sur la frontière mexicano-américaine. Alors que le mouvement du Chicano Art avait déjà revendiqué la notion de culture frontalière, et posé le spanglish (langue hybride d’espagnol et d’anglais inventée par les migrants mexicains aux Etats-Unis), comme une poétique de l’hybridation culturelle, l’émergence du BAW / TAF , fondé à San Diego, par Isaac Artenstein, Sara Jo Berman, Jude Eberhard, Guillermo Gomez-Pena, et Michael Schnorr, a coïncidé avec l’édiction de nouvelles lois migratoires aux Etats-Unis, une intensification industrielle de la frontière, et la nouvelle centralité du multiculturalisme dans les débats artistiques américains. Entre activisme politique et land art, le BAW/TAF dénaturalise la frontière, devenant à la fois mur et passage, suture et brisure.
San Diego-Tijuana 1986-2000 (sélection des archives vidéo de BAW/TAF, 20 min) : End of the line (12 octobre 1986, 3 min), Counter Performance Light Up the Border (1987, 3 min), El Bordo-Tijuana (198, 3 min) , Oh George Oh Panama (19 Octobre 1989, 4 min), Brownsville to Tijuana - Border Sutures (1990, 2 min), BOYCOTT San Diego / Tijuana (20 & 21 novembre 1993, 2 min), 600 Crosses 20 miles per hour (2000, 3 min).

Son of border crisis de Guillermo Gómez Peña (1990, 17 min) – inédit en France
« Chicano post-mexicain » émigré en Californie, Guillermo Gómez-Peña, membre fondateur du BAW/TAF, puis en 1993 du collectif transdisciplinaire la Pocha Nostra, est un performeur, écrivain, vidéaste, de renommée internationale. Ses vidéoperformances, coréalisées avec Isaac Artenstein, œuvrent à l’émergence d’un monde de la frontière : un « new world border » alternatif au nouvel ordre mondial (« new world order »), par l’invention d’une formidable langue poétique et ses mises en scène grotesques et rageuses qui mettent en cause l’Amérique raciste, sexiste, capitaliste.

No Borders Camp / Campamento Contra Fronteras, Mexicali/Calexico - MONO MONO (2007, 9min) – inédit en France
Le No Borders Camp / Campamento sin Fronteras, Mexicali/Calexico au eu lieu en 2007 sur la frontière mexicano-américaine. Ce camp - issu des mouvements libertaires et activistes de solidarité transfrontalière avec les migrants - s’inscrit dans la tradition des camps No Border organisés à travers le monde depuis les années 90. Outre les revendications de liberté de circulation, d’abolition des frontières et des contrôles migratoires, le No Border Camp est au cœur des nouveaux activismes qui utilisent l’internet militant, les réseaux décentralisés, et la production et mise en circulation alternative d’information.

Border de Laura Waddington (2004, 27 min) - avant-première
La cinéaste anglaise Laura Waddington, née en 1970, offre, de manière rare, avec son film Border, et à l’aune de sa propre mise à l’épreuve, la puissance fragile et élégiaque du cinéma à saisir la condition migrante dans le camp de Sangatte et simultanément une analyse des dispositifs répressifs et de contrôle migratoires. Les vidéos de Laura Waddington a été présenté dans de nombreux festivals internationaux de films et dans des expositions et musées comme le Centre Pompidou, ou le Musée Reine Sofia à Madrid.
Still, qu’elle vient de réaliser, et fragment du film collectif- hommage à Stéphane Gatti, Outrage & Rébellion, sera présenté en avant-première.

Exodus de Almagul Menlibayeva (2009, 11 min)
Avec Exodus, Almagul Menlibayeva puise dans les traditions nomades du Kazakhstan d’aujourd’hui et leurs rites chamaniques pour narrer sa propre expérience de l’exode culturel et du déracinement mondial. Née en 1969 au Kazakhstan, Almagul Menlibayeva est diplômée de l’Université d’Art et de Théâtre d’Almaty, sa ville natale, en 1992. Elle vit aujourd’hui à Amsterdam et Berlin.

Programmation et textes : Kantuta Quirós & Aliocha Imhoff / le peuple qui manque

Informations

À la Maison populaire, salle l’Argo’notes
Accès libre, dans la limite des places disponibles.
Entrée libre.

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