Philosophie

Karl Marx

Mardis 29 avril, 17 mai et 31 mai 2005 à 20 h

Séminaire dédié à la rencontre de quatre philosophes à travers la lecture collective d’une œuvre majeure ou d’un ensemble de textes de Gilles Deleuze, Baruch Spinoza, Michel Foucault et Karl Marx.

par Daniel Bensaïd, philosophe, enseignant à l’université de Paris VIII

Marx à Montreuil

Il était de bon ton, au début des années 80, de traiter Marx comme un chien crevé. Le dégâts du libéralisme ensauvagé ont depuis remis à l’ordre du jour la critique de la logique intime du Capital. Cette critique peut, comme le disait le regretté Derrida, se faire avec ou contre Marx, mais pas sans lui. En fait, la chute des régimes bureaucratiques en Europe de l’Est a libéré Marx des orthodoxies de parti ou d’Etat qui l’ont longtemps tenu captif, et permis de le (re)lire autrement à la lumière de notre présent. Nous aborderons dans ce cycle trois questions :

1. Contrairement à une idée reçu, Marx n’est pas un philosophe de l’histoire universelle, mais un critique de la raison historique, pionnier de l’histoire ouverte déterminée par les incertitudes de la lutte.

2. Contrairement à une autre idée reçue, Marx n’est pas un sociologue ou un économiste scientifique, mais un critique de la raison sociologique et du positivisme.

3. Enfin, contrairement à une troisième idée reçue, selon laquelle Marx serait acceptable comme économiste ou comme philosophe, mais pêcherait par l’absence de pensée politique, nous montrerons qu’il est à la recherche d’une politique de l’opprimé échappant à l’emprise étatique et à l’identification de la politique et de l’Etat.

Il ne s’agit pas dans ces lectures de Marx, de rétablir un Marx originel et authentique contre les falsifications dogmatiques, mais simplement d’établir avec lui un dialogue intempestif. Car s’il est, par bien des côtés « de son temps », il est aussi du nôtre aussi longtemps que nous demeurons sous le talon de fer du Capital.

Daniel Bensaïd

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