Art in Vivo

L’altérité de l’œuvre et la singularité de l’artiste : deux défis pour le visiteur

mercredi 29 octobre 2008 à 20 h

avec Emmanuelle Chérel, docteur en histoire de l´art, et Dominique Chateau, professeur au département d’Arts plastiques et Sciences de l’art à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne

L’artiste, l’œuvre et le visiteur sont les trois protagonistes au centre de cette séance. À travers les questions de la définition d’une œuvre d’art et celle d’un artiste, il s’agira d’aborder la question de la réception de l’œuvre.
Comment le regard du visiteur participe-t-il de ces définitions ?

L’œuvre est phénomène et expérience.

La parcourir, la pratiquer peut renouveler la perception et stimuler de nouvelles possibilités d’interprétation. La structure ouverte de l’oeuvre contemporaine provoque un maillage serré de cheminements critiques qui laisse des pratiques de liberté au spectateur. Accepter d’être éventuellement modifié par cette altérité invite à la réflexion et à l’émergence de nouveaux modes de subjectivation. L’oeuvre n’est pas neutre comme un point d’observation indifféremment situé, ici ou là, mais agit dans un moment spécifique chargé des tensions et des contradictions qui travaillent une conjoncture. Elle est liée à une culture, une organisation sociale, à des rapports d’échanges et de pouvoir. À partir de quelques exemples, nous verrons que le contexte contemporain (processus de mondialisation actuel, apparition de l’histoire des autres…) conduit à penser les configurations hétérogènes, les différentes modernités et l’historicité des pratiques artistiques contemporaines. Il induit la constitution d’un nouveau savoir théorique et historique, voir la redéfinition du corpus social, culturel et intellectuel qui concourt au jugement sur les œuvres." EC

 Docteur en histoire de l´art contemporain, Emmanuelle Chérel, enseigne l’histoire et la théorie des arts à l ‘Ecole supérieure régionale des beaux-arts de Nantes. Membre du laboratoire langages actions urbaines, usages, altérités (L.A.U.A) de l’Ecole Nationale supérieure d’Architecture de Nantes, elle a mené différentes recherches sur le rôle et la situation de l’art en milieu urbain. Actuellement elle s’intéresse plus particulièrement aux processus induits par la mondialisation contemporaine.

Je partirai de l’idée d’Hannah Arendt que la société récupère dans son patrimoine des productions d’artistes qui lui sont hostiles.

Le lieu d’exposition réalise la fonction d’intégration au patrimoine en même temps qu’il met le visiteur devant toutes sortes d’écarts par rapport à la norme. Dans la période moderne cela a concerné un débat, dans les termes de Clement Greenberg, entre l’avant-gardisme, le discours de l’avant-garde, et l’avant-gardité, les avancées formelles de l’avant-garde. En dépit de ce que l’avant-gardisme proclame, l’avant-garde incline les artistes moins à détruire le patrimoine qu’à produire la nouvelle proposition artistique qui l’emporte sur les précédentes, souvent puisée dans le patrimoine, rénové, revu et corrigé, et surtout susceptible d’enrichir ce patrimoine. Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette attitude critique en même temps que féconde ? L’obsession de la sociabilité, du lien social, ne va-t-elle pas dans un sens opposé ? La singularité est-elle devenue conventionnelle ? Et l’altérité de l’œuvre, purement promotionnelle ?" DC

 Dominique Chateau est professeur d’esthétique et de cinéma à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne. Il a publié notamment : La Question de la question de l’art (Presses Universitaires de Vincennes 1994), L’Héritage de l’art, Imitation, Tradition & Modernité, (L’Harmattan, 1998), Duchamp et Duchamp (L’Harmattan, 1999), Arts plastiques : archéologie d’une notion, (Jacqueline Chambon, 1999), La Philosophie de l’art, Fondation et fondements, (L’Harmattan, 2000), Qu’est-ce que l’art ? (L’Harmattan, 2001), Cinéma et Philosophie, (Nathan, 2003), Sartre et le cinéma, (Séguier, 2005), Esthétique du cinéma, (Armand Colin, 128, 2006), Qu’est-ce qu’un artiste ?, (PUR, Aesthetica), 2008.

Informations

 Tarif normal : 3 euros
 Tarifs réduits pour les abonnés à la diffusion

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