Séminaire

Représentativités des corps et construction médiatique

mercredi 4 mars 2009 à 20 h

conférence et débat
Lutter contre les discriminations

en présence de Marie Amachoukkeli, scénariste et réalisatrice, Marie-Hélène Bourcier, sociologue et théoricienne queer, enseignante à l’université de Lille 3, Paris 1 et de Paris 8.

modération par Vincent He-Say

Le corps fictionnalisé

Le cinéma, la littérature ou encore les médias, nous proposent des histoires, renouvelées et réinventées selon les besoins et critères d’une époque et d’une audience. Ces histoires se forgent autour d’un personnage principal, dénommé « héros », dont la trajectoire toujours singulière, s’inspire pourtant de modèles préconçus.

Le héros de fiction, masculin ou féminin, beau ou monstrueux, normé ou hors norme, s’écrit et s’appuit sur des modèles ou schémas qu’il nous faut connaître mais aussi discuter. Car ces héros, figures de nos cultures contemporaines, forgent et formatent notre perception du monde.

En tant que scénariste, j’ai recours à ces schémas que j’épouse ou contourne, selon mon désir. Du moins, j’aime le croire. Car la question se pose : est-il véritablement possible de leur échapper ? de les contourner ? Ne nous emprisonnent-ils pas dans une perception normative du monde ?

Marie Amachoukeli, (titulaire d’un DEA d’histoire religieuse et diplômée de la Fémis-département scénario).

Politique visuelle des corps : Zoopraxinoscope à Nip Tuck

Corps et médias depuis le XIXème siècle : un diaporama sur les dispositifs visuels de contrainte biopolitique des corps et sur les moyens d’y résister. Nos corps nous appartiennent a fortiori parce qu’ils n’ont jamais été privés. De Charcot et son hystérique préférée dopée au poppers en passant par le porno de papa au corps comme arme politique dans les performances du Gat ou Annie Sprinkle ou le post porn, nous verrons que le corps est aussi source d’empowerment raison pour laquelle il est si contrôlé par des médias dont il faut élargir la définition.

Marie-Hélène Bourcier, Lille III EHESS CADIS, anime le séminaire Queer F***MYBRAIN : théories, cultures et politiques queers

 dernières publications de Marie-Hélène Bourcier :

  • Queer Zones 1, Politiques des identités sexuelles et des savoirs, éd. Amsterdam, Paris, 2006.
  • Traduction du recueil de textes de Teresa de Lauretis Théories Queer et Cultures Populaires. De Foucault à Cronenberg, préface Pascale Molinier, éd. La Dispute, Paris, 2007.
    À paraître Queer Zones 3.

Faire corps, Culture visuelle et politique de la « race »

Pap Ndiaye écrivait récemment qu’il est nécessaire, pour les sciences humaines et sociales, de reconnaître de façon pragmatique l’existence imaginaire de la « race » et de ses effets sociaux En effet, au-delà de la fin du règne de la racialisation érigée en science, la « race » reste une catégorie prégnante dans l’approche qu’ont les acteurs sociaux de leurs environnements.
Depuis les années 1980, de nombreux auteurs ont travaillé sur la place de la « race » dans la culture visuelle, s’attachant à déconstruire les imaginaires raciaux structurés par une hégémonie culturelle blanche inscrite à la fois dans la narration, les modes de production technique, l’économie ou l’esthétique. Partant de ces analyses de l’hégémonie blanche dans la culture visuelle, nous tenterons de nous interroger sur la manière dont on passe d’une politique de la représentation raciale à une véritable matérialisation et incorporation de la race, soit à une inscription de ce concept dans les rapports sociaux, les corps et les expériences vécues. Il s’agira d’ouvrir la voie vers une compréhension de la façon dont « les écrans blancs » structurent les modalités d’identifications, perceptions de soi ou compréhensions de la « différence » des publics blancs.

Maxime Cervulle enseigne les études culturelles et la sociologie des médias à Paris 1 et Lille 3. Il a dirigé la publication du recueil d’articles de Stuart Hall, Identités et cultures : politiques des cultural studies (Ed. Amsterdam, 2007), traduit Défaire le genre de Judith Butler (Ed. Amsterdam) et Epistémologie du placard de Eve Kosofsky Sedgwick (Ed. Amsterdam, 2008).

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Entrée libre

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