Youpi ! Le mercredi c’est philosophie !

Éveil à la philosophie

à partir du 4 novembre 2015
Dans le cadre des cinquante ans de l’association, la Maison populaire offre la possibilité aux enfants des centres de loisirs de Montreuil de venir philosopher tous les mercredis après-midi.

Philosopher, c’est un mot com­pli­qué qui pour­rait être réservé aux « grands », aux adul­tes. Et pour­tant, on le sait, les enfants sont très natu­rel­le­ment et sans le savoir des grai­nes de phi­lo­so­phes. Ils ne ces­sent de s’étonner, de ques­tion­ner l’exis­tence des choses, le sens des mots en s’amu­sant à remon­ter tou­jours plus loin vers l’ori­gine, en renou­ve­lant les « pour­quoi » face aux répon­ses hâti­ves, sou­vent insa­tis­fai­san­tes que, nous les adul­tes, nous leur fai­sons. L’objet de ces ate­liers est de s’ins­tal­ler à plu­sieurs dans ces ques­tions, de déve­lop­per ce talent et cet enthou­siasme natu­rels des enfants afin de penser ensem­ble et s’en amuser.

Car phi­lo­so­pher est aussi une acti­vité parais­sant très sérieuse. Mais le sérieux n’exclut pas le jeu comme le jeu lui-même est une affaire très sérieuse. Or nous vou­lons pro­po­ser avec ces ate­liers de jouer avec les idées, les ques­tions, les mots, et de faire que ce moment pri­vi­lé­gié où les enfants pour­ront pren­dre la parole soit un moment agréa­ble et ludi­que, digne d’une acti­vité du mer­credi.

L’ate­lier des­tiné aux 6/8 ans (pro­posé par Violaine Chavanne) :
Nous par­ti­rons d’his­toi­res que les enfants aiment tant enten­dre ou lire, tirées de contes, de mythes, (notam­ment de mythes pré­sents dans des dia­lo­gues de Platon), des his­toi­res tirées de tra­di­tions orien­ta­les, par exem­ple celles de Nasredinne, le fou qui était sage, etc. L’inter­ve­nant d’abord racontera l’his­toire. Puis les enfants seront invi­tés à la redire avec leur mot ou à la jouer (à en jouer les per­son­na­ges par exem­ple), quitte à être amenés à la trans­for­mer. Les trans­for­ma­tions éventuelles seront aussi l’objet de réflexions. Ensuite les enfants cher­che­ront la ques­tion que pose l’his­toire (aidé par l’inter­ve­nant bien sûr s’il y a besoin).

Le deuxième temps de l’ate­lier sera consa­cré à la dis­cus­sion et au débat qui naî­tront de cette ques­tion. A chaque fois un enfant, déten­teur d’un « bâton de parole » sera res­pon­sa­ble de la trans­mis­sion de la parole aux uns et autres. On pourra aussi dans cette dis­cus­sion s’amuser à ima­gi­ner d’autres fins que celle que pré­sente l’his­toire, ce qui est une manière de pro­po­ser d’autres répon­ses à la ques­tion posée. Certaines séan­ces pour­ront partir de situa­tion vécues par les enfants (à partir d’un thème choisi par l’inter­ve­nant ou en fonc­tion de ce qui sera apparu les séan­ces pré­cé­den­tes). Là aussi il s’agira d’abord de mettre en jeu d’une façon théâ­trale ou mimée la situa­tion puis d’établir un temps de dis­cus­sion avec le rituel du bâton de parole. D’autres types de jeux pour­ront être uti­li­sés au cours de l’année sans qu’il soit encore pos­si­ble de dire les­quels, sachant que l’ate­lier se pré­sente comme une expé­ri­men­ta­tion des voies par les­quel­les les enfants peu­vent déve­lop­per et s’appro­prier des ques­tions d’ordre phi­lo­so­phi­ques.

L’ate­lier des­tiné aux 8/10 ans (pro­posé par Ismaël Jude-Fercak et Romain Dautcourt) :
Cet ate­lier visera à donner la parole aux enfants en les aidant, muni de plu­sieurs dic­tion­nai­res étymologiques, à com­pren­dre le sens des mots qu’ils emploient, les encou­ra­geant à jouer avec ces mots et avec les idées qu’ils véhi­cu­lent, à les asso­cier de façon ludi­que, par­fois acro­ba­ti­que. Ce n’est ni un cours de fran­çais, ni un cours de philo, ce n’est pas un cours, dans la mesure où l’inter­ve­nant n’aura la posi­tion ni d’un maître ni d’un pro­fes­seur, ne pro­fes­sant rien, n’ayant la maî­trise de rien, encou­ra­geant seu­le­ment la parole à cir­cu­ler. Les séan­ces se pré­sen­te­ront comme des tours de parole impro­vi­sés, appa­rem­ment chao­ti­ques, guidés par la gaîté de jouer avec le lan­gage. Un exem­ple de jeu consiste à dire un mot au hasard et à y asso­cier d’autres mots puis à essayer de com­pren­dre ensem­ble pour­quoi on pro­duit de telles asso­cia­tions. L’enfant, « in-fans », étymologiquement, est celui qui n’a pas la parole, on le dis­tin­gue de l’adulte par son inca­pa­cité à parler ; il babille, bavarde, on com­pare donc sa langue à un filet de bave, tandis que le dis­cours cons­truit, dis­tinct, vala­ble, appar­tient au maître. L’idée toute simple de cet ate­lier est qu’un embryon d’émancipation peut naître d’une réap­pro­pria­tion de leur propre parole par les enfants, une libé­ra­tion des puis­san­ces du babillage.

Informations

Centres de loisirs ayant déjà bénéficié de cet atelier :
- Mercredis 4, 18 et 25 novembre 2015 : Centres de loisirs Diderot 1 et Hessel & Zefirottes
- Mercredis 2, 9 et 16 décembre 2015 : Centres de loisirs Diderot 2 et Estienne D’orves
- Mercredis 6, 13, 20 et 27 janvier 2016 : Centres de loisirs Danton et Mendes France
- Mercredis 3,10 et 17 février 2016 : Centres de loisirs Henri Wallon et Paul Bert
- Mercredis 9,16 et 23 mars 2016 : Centres de loisirs Jules Verne et Paul Lafargue
- Mercredis 30 mars, 6 et 13 avril 2016 : Centres de loisirs Daniel Renoult et Jules Ferry

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