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L’hommage à Marie-Thérèse Cazanave

Vendredi 27 novembre 2016 à 19 h
décédée le 18 août 2015.
Depuis vingt cinq ans Marie-Thérèse Cazanave s’impliquait dans la vie de la Maison populaire, période durant laquelle elle a assumé par huit fois la fonction de présidente. Elle a également assumé la vice-présidence entre 2011 et 2015.

Un hom­mage lui a été rendu le Vendredi 27 novem­bre 2016 à 19 h en pré­sence de Rose-Marie Forcinal, pré­si­dente de la Maison popu­laire, Annie Agopian, direc­trice, de Patrice Bessac, Maire de Montreuil et Alexie Lorca, Maire adjointe délé­guée à la Culture, des adhé­rents et l’équipe de la Maison popu­laire.
Une minute de silence a été obser­vée en hom­mage aux vic­ti­mes des atten­tats du ven­dredi 13 novem­bre en début de soirée.
Suivie par les prises de paro­les et l’hom­mage en image.

-  Nous publions ici quel­ques extraits de prises de paro­les et l’hom­mage en image.

- par Patrice Bessac, Maire de Montreuil
Très chère Irène,
Très chère Jacqueline,
Madame la Présidente,
Madame la Directrice
Madame la Maire-adjointe en charge de la culture
Chers amis,
Chers adhé­rents de la Maison Populaire
Bonjour à tous.
Je vous remer­cie tous très sin­cè­re­ment d’être pré­sents aujourd’hui pour rendre un hom­mage à une amie très chère qui nous a quit­tés l’été der­nier.
Je vous remer­cie d’être venus hono­rer par votre pré­sence nom­breuse l’atta­che­ment de Marie-Thérèse à cette struc­ture unique et spé­ci­fi­que­ment mon­treuilloise qu’est la Maison Populaire.
Au nom de la muni­ci­pa­lité, je remer­cie la pré­si­dente, Rose-Marie Forcinal, la direc­trice Annie Agopian et toute l’équipe de la Maison Populaire d’avoir orga­nisé ce temps d’hom­mage… et de nous avoir donné l’oppor­tu­nité de nous retrou­ver autour de la mémoire d’une femme… qui a par­ti­cipé tout au long de sa vie à nour­rir la vie cultu­relle de cette ville qu’elle aimait tant… et que nous aimons tous aussi pro­fon­dé­ment.

Les liens qui unis­saient Marie-Thérèse à la Maison Populaire étaient par­ti­cu­liè­re­ment forts et pro­fonds.

En effet, son père avait été admi­nis­tra­teur de la Maison Populaire dans les pre­miè­res années de la struc­ture, ini­tiant ainsi, j’ima­gine, sa fille tant à l’enga­ge­ment asso­cia­tif qu’à la tré­pi­dante vie cultu­relle mon­treuilloise.
Elle a pris le relais quel­ques années plus tard, quand elle a rejoint elle-même le Conseil d’Administration de l’asso­cia­tion au titre du mandat de conseillère muni­ci­pale qu’elle exer­çait alors au sein de la ville.
Par la suite, elle a été pré­si­dente de l’asso­cia­tion pen­dant 8 ans… puis vice-pré­si­dente pen­dant 4 ans. Elle a également animé dif­fé­ren­tes com­mis­sions dont la com­mis­sion jour­nal animée aujourd’hui par Marcel Chatauret.
On se demande par­fois où elle trou­vait le temps et l’énergie pour avoir toutes ses acti­vi­tés.
Au milieu de ses dif­fé­rents man­dats et des res­pon­sa­bi­li­tés asso­cia­ti­ves et poli­ti­ques qu’elle assu­mait avec le sérieux qu’on lui connais­sait tous, Marie-Thérèse sui­vait ici des cours d’alle­mand et de pho­to­gra­phie et fai­sait même partie de la cho­rale de la Maison Pop. Elle par­ti­ci­pait aux sor­ties orga­ni­sées par la com­mis­sion convi­via­lité
En fait elle vivait les dif­fé­ren­tes acti­vi­tés de l’asso­cia­tion…. comme tous les adhé­rents…

C’est donc à une adhé­rente un peu par­ti­cu­lière de la Maison Pop que nous ren­dons hom­mage aujourd’hui.
Je vous remer­cie tous d’être pré­sent pour cela… avec nous.
Avec Irène.
Avec Jacqueline.

Enfin, j’adresse à toute la famille, à tous les pro­ches, ainsi qu’à toutes celles et ceux qui par­ta­geaient les enga­ge­ments de Marie-Thérèse Cazanave, l’hom­mage solen­nel de la Municipalité de Montreuil.
Merci.

- par Serge D. Anceau, Secrétaire géné­ral de la Maison popu­laire
Monsieur le Maire, Mesdames Messieurs

En ce 18 août, beau­coup d’entre nous séjour­naient sur leurs lieux de vacan­ces, lors­que nous est par­venu la nou­velle de la dis­pa­ri­tion de notre amie. Aussi, ce soir nous sommes réunis pour lui rendre un hom­mage ô com­bien mérité. Parler de Marie-Thérèse n’est -ce pas une gageure tant sa per­son­na­lité était mul­ti­ple.
Elève par­ti­cu­liè­re­ment douée,elle effec­tue un par­cours secondaire brillant. Elle fait math spé et math sup. Elle aurait pu inté­grer poly­tech­ni­que comme son cursus sco­laire l’y auto­ri­sait. Malheureusement ! en ce temps là, les filles n’y étaient pas admi­ses.
Sa vie pro­fes­sion­nelle a com­mençé au jour­nal l’Humanité dont elle a démis­sionné. Après une période de chô­mage elle entre­prend des études de droit qui lui per­met­tent de ren­trer au Ministère de la Justice. Puis, après quel­ques années, elle rejoint l’INSEE. Là, sa pas­sion pour les chif­fres lui fait inté­grer le ser­vice de la sta­tis­ti­que et des comp­tes de la nation. Elle y met au point un logi­ciel sophis­ti­qué, sur le report des voix lors des élections qui, aujourd’hui fait auto­rité.

Ayant la volonté d’être au ser­vice des autres, elle s’ engage en poli­ti­que au parti socia­liste. Elle est élue conseillère muni­ci­pale de Montreuil. Elle y resta dix années. Elle sera l’adjointe aux finan­ces de Monsieur Jean-Pierre BRARD qui devien­dra pre­mier magis­trat de la Ville et exer­cera quatre man­dats de Maire. Par aileurs, elle devien­dra la repré­sen­tante de la Mairie au Conseil d’Administration de la Maison Populaire. Qu’il nous soit permis de remer­cier les Munipalités actuelle et ancienne qui nous ont tou­jours apporté un indé­fec­ti­ble sou­tien. Je pense aux maires-adjoin­tes à la culture : Madame Claire PESSIN-GARRIC hier, Madame Alexie LORCA aujourd’hui.
Comme son père qui fût Président de notre Association et resta fidèle à notre Maison jusqu’à un âge avançé, elle en devien­dra membre à son tour. Elle y res­tera vingt-cinq ans dont huit comme Présidente et quatre en tant que Vice-Présidente. Hélas ! comme me disait Madame Jacqueline PEZZOTTA la mémoire vivante de notre Etablissement (49 ans de pré­sence) elle ne ne pourra assis­ter au cin­quen­te­naire de la Maison Populaire en 2016. Celle-ci fût inau­gu­rée en 1966 par Monsieur André GREGOIRE, Maire de l’époque, sachant que le chan­teur Jean FERRAT en assu­rait la partie artis­ti­que.
En outre, elle a par­ti­cipé au cours d’alle­mand où j’étais son voisin. Il était de noto­riété publi­que qu’elle était insom­nia­que. Un jour au milieu du cours elle s’est assou­pie, je lui ai donné un léger coup de coude et lui ai dis tout bas : « sie schlaf­fen Madame CAZANAVE, nein me répon­dit-t-elle : ich dachte » (je pen­sais). On com­pren­dra qu’elle n’ai jamais pu maî­tri­ser com­plè­te­ment la langue de GOETHE…
Par ailleurs, elle a été la rédac­trice en chef de « la Baleine » où nous avons col­la­boré ensem­ble à l’élaboration du jour­nal. Tout au long de ces années, j’ai appré­cié son ouver­ture d’esprit. Je dois reconnaî­tre qu’elle ne m’a jamais refusé un arti­cle. Connaissant mon goût pour l’art reli­gieux : j’ai pu écrire sur l’Art roman, l’Art gothi­que, l’art Baroque et le chant Grégorien. Un jour, je lui ai demandé si je pou­vais rédi­ger un arti­cle pour la défense des lan­gues ancien­nes. Elle m’a répondu : « c’est une bonne idée, j’ai moi-même fait des études clas­si­ques (latin-grec). »

En 2008, la crise s’ins­talle. Les Associations sont des entre­pri­ses non lucra­ti­ves, par nature fra­gi­les. Nous n’y avons pas échappé. Pour la pre­mière fois, notre Maison dût faire face à un défi­cit consé­quent. Si l’on com­pa­rait la Maison Populaire à un grand vais­seau, on pour­rait dire qu’il fût pris dans une vio­lente tem­pête. Notre Présidente Madame Rose-Marie FORCINAL et le bureau, Madame Annie AGOPIAN et son équipe, notre Trésorier Monsieur Gilles FORCINAL et elle-même par ses judi­cieux conseils, tous ensem­ble nous avons redressé la barre et résorbé le défi­cit en quatre ans. Aujourd’hui, notre bateau vogue sur une mer calmée…

Ce qui l’a carac­té­ri­sée, c’est son impli­ca­tion dans diver­ses asso­cia­tions en tant que béné­vole. Le béné­vo­lat cons­ti­tue une force majeure, qui nour­rit la société civile et ren­force la soli­da­rité. Celui-ci pré­sente non seu­le­ment une valeur économique mesu­ra­ble, mais permet aussi aux ser­vi­ces publics de réa­li­ser des économies consi­dé­ra­bles. En outre, il contri­bue au déve­lop­pe­ment des indi­vi­dus. Lorsque au milieu des années 1990, il fût envi­sagé l’exten­tion de la Maison Populaire, par un nou­veau bâti­ment. Les mem­bres de notre asso­cia­tion ne se sont pas com­por­tés seu­le­ment en consom­ma­teurs cultu­rels. Ils se sont inves­tis dans ce projet avec enthou­siasme jusqu’à sa réa­li­sa­tion finale.

Dans sa vie aussi bien rem­plie, les loi­sirs n’ont pas été absents. Elle aimait le sep­tième art et a inté­gré l’Association « Renc’art » du cinéma Méliès. Elle en devien­dra la Vice -Présidente. Là aussi, sa com­pé­tence fût pré­cieuse, lors­que celui-ci ren­contra des dif­fi­cultés. Elle a été en pre­mière ligne pour défen­dre son inté­grité devant des appé­tits pas tou­jours désin­té­res­sés…
Notre Maire, Monsieur Patrice BESSAC lui a rendu hom­mage le 7 novem­bre dans le nou­veau Méliès dont elle aurait aimé par­ti­ci­per à l’inau­gu­ra­tion. A cette occa­sion, son amie, Madame Jacqueline JAFFRELEAU parla de la ciné­phile aver­tie qu’elle était et de son admi­ra­tion pour l’acteur : Jean GABIN. Un film de 1936 devait être pro­jeté, sur une période qu’elle appré­ciait, tel­le­ment impor­tante au niveau social : semaine de 40 heures, congés payés, créa­tion des auber­ges de jeu­nesse, « la belle équipe de Julien DUVIVIER. » Un inci­dent tech­ni­que ne permit pas la pro­jec­tion de celui-ci. Aussi nous eûmes droit au film de Jean GREMILLON « Remorques ».

Ayant un goût pro­nonçé pour la généa­lo­gie, elle est deve­nue membre d’un club de Noisy-le sec. Comme à son habi­tude, elle s’est impli­quée à fond dans cette dis­ci­pline. Elle a même réservé une cham­bre de sa maison de Brunoy, afin d’y entre­po­ser les archi­ves de celle-ci.
Afin de garder la forme, elle s’était ins­crite au Red-Star dans la sec­tion ath­lé­tisme. Elle y a pra­ti­qué la course à pied et ensuite la marche et aussi pour le plai­sir le vélo et la nata­tion. Elle a essayé de rester fidèle aux pré­cep­tes du Baron Pierre de COUBERTIN : Citius, AltIus, Fortius.
Elle a eu également une pas­sion pour la pho­to­gra­phie, natu­rel­le­ment elle a par­ti­cipé à l’ate­lier photo de notre Maison. Elle a consa­cré une pièce de son appar­te­ment de Montreuil, dédié spé­cia­le­ment au déve­lop­pe­ment de celles-ci. D’autre part, le jour­nal béné­fi­cia de ce savoir-faire.

Par ailleurs, elle a été admi­nis­tra­teur à la Commission H.L.M, char­gée de la repré­sen­ta­tion des asso­cia­tions fami­lia­les. Ses nom­breu­ses acti­vi­tés ont par­fois sus­cité une cer­taine intér­ro­ga­tion. Lors d’un conseil d’admi­nis­tra­tion, une par­ti­pante lui a dit avec humour : « Mais Madame CAZANAVE on vous voit par­tout. » Peut-être pos­sé­dait-t-elle un don d’ubi­quité ?

On ne sau­rait oublier de men­tion­ner son carac­tère bien trempé, cer­tains s’en sont aper­çus, mais il eût des excep­tions. J’ai été l’un de ses pro­ches col­la­bo­ra­teurs au Bureau et au Journal. Contrairement à la « chan­son des vieux amants » de Jacques BREL, en 12 années « nous n’eûmes pas d’orages ».

Au XVIIIième siècle, lors­que quelqu’un avait connu la réus­site dans sa pro­fes­sion, qu’il s’était conduit avec bonté et loyauté envers ses sem­bla­bles, on disait : C’est un hon­nête homme.
Avec son par­cours pro­fes­sion­nel, son inves­tis­se­ment au niveau de la Municipalité et dans le monde asso­cia­tif, aujourd’hui nous disons tout sim­ple­ment : Marie-Thérèse CAZANAVE c’était une femme de qua­lité.

- par Sophie Lajeunesse, membre du Conseil d’admi­nis­tra­tion de la Maison popu­laire
Rose Marie m’a demandé de pren­dre la parole, ce soir « parce que entre Marie-Thérèse et toi, il y avait quel­que chose ». …si il y a une chose que j’ai tenté d’appren­dre grâce à Marie-Thérèse, c’est à me taire, du moins à ne pas parler à tort et à tra­vers. Le mot clé s’est appren­dre, car pour moi Marie-Thérèse était un modèle, un modèle de femme poli­ti­que, poli­ti­que au sens pre­mier du terme : Qui a rap­port à la société orga­ni­sée. Et la société orga­ni­sée, Marie-Thérèse c’était son affaire ; Experte en chif­fres et en budget, au fait des légis­la­tions, sachant gérer une réu­nion ou un conseil d’admi­nis­tra­tion avec patience et auto­rité…. j’arrête parce que rece­voir des com­pli­ments, c’était pas son truc, elle nous aurai déjà inter­rom­pus à sa façon ferme et polie de clore un débat inu­tile….
Je vous l’ai dit, elle est mon modèle de femme poli­ti­que, et pour moi le bon poli­ti­que doit être modeste, dans le sens hon­nête, modéré et sage, voir dis­cret.
Et tout cela Marie Thérèse l’était.
Ici, à la maison pop Marie-Thérèse a montré qu’elle n’était en rien inté­res­sée par le cha­peau à plume. Présidente, vice-pré­si­dente, peu importe Marie-Thérèse était un pilier.
Son sou­tien devait être le même au Méliès, au HLM, chez les pho­to­gra­phes… je dois en oublier. Marie-Thérèse va leur manqué, nous avons perdu Marie-Thérèse et depuis je pleure sou­vent.
Car tirées de mon quo­ti­dien, je rete­nais des ques­tions pour Marie-Thérèse comme :
On vote pour qui ? comme vous le savez à Montreuil le choix est par­fois ….éparpillé sur­tout quand on vient d’arri­ver.
Marie-Thérèse fai­sait un topo juste et précis des pro­po­si­tions fré­quen­ta­bles.
En juin, à la fin de l’année asso­cia­tive j’ai mis en réserve une ques­tion pour Marie-Thérèse. J’aimais créer des macro-débats dans l’inti­mité d’un entre deux portes pour le plai­sir de voir son regard vibrer et sa voix briller mais sur­tout celui d’enten­dre ses argu­ments tou­jours struc­tu­rés.
Plus d’argu­ment, tu es partie. Nous n’étions pas prêts.

- par Jacqueline Pezzotta, Secrétaire de la Commission Convivialité de la Maison popu­laire
Vingt cinq ans de pré­sence, quelle fidé­lité !
Marie-Thérèse était accueillante, dis­po­ni­ble, intè­gre et épicurienne, elle aimait faire plai­sir en nous fai­sant dégus­ter un vin de ter­roir tou­jours accom­pa­gné de bons mots.
Son plai­sir c’était d’être autour d’une table entre ami(e)s, elle trou­vait un trait d’union entre culture et la nour­ri­ture.
La culture pour Marie-Thérèse c’était le pain de l’esprit, rien ne l’aurait arrêté afin d’y pren­dre part.
Elle res­tera tou­jours dans mes pen­sées, comme tout ceux qui déjà nous ont quitté.

- par Annie Agopian, Directrice de la Maison popu­laire, hom­mage en image, voir ici

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