31 juillet 2005

Madame la Baronne était plutôt maniérée, assez rococo et totalement baroque


- Détails des expo­si­tions

©© TVM
Proposition d’Émilie Renard, année 2006.

Les trois expo­si­tions sont autant de ten­ta­ti­ves de dres­ser le por­trait de la Baronne de Mira Phalaina. Ce titre exces­sif décrit un per­son­nage au carac­tère outran­cier, frô­lant la cari­ca­ture et l’auto­dé­ri­sion. Cette femme n’est pas aris­to­crate, elle est sim­ple­ment baronne des expo­si­tions comme on est un « baron de la finance ». Son titre de noblesse, signe dis­tinc­tif à la fois révé­ren­cieux et désuet, dési­gne un per­son­nage inac­ces­si­ble, mythi­que et quel­que peu suranné.

Transposé dans le format d’une expo­si­tion, l’aspect baro­que des pro­cé­dés artis­ti­ques déployés pour por­trai­tu­rer la baronne est plus proche de la défi­ni­tion qu’en donne Borgès que de l’esthé­ti­que pré­cise de cet art de l’Europe du 17ème siècle. De cette période, il s’agira plutôt de puiser cer­tai­nes bizar­re­ries, un goût pour la com­plexité, l’orne­men­ta­tion et les pos­tu­res outrées. Ici, le baro­que est un style trans­his­to­ri­que. Il se mani­feste dans un art qui abuse de ses pro­cé­dés sty­lis­ti­ques, use immo­dé­ré­ment de manié­ris­mes de fabri­que, se dis­tin­gue par une sophis­ti­ca­tion maté­ria­liste et son souci du détail, ne craint pas la dépense, renou­velle ses sour­ces d’ins­pi­ra­tion, épuise ses moyens de pro­duc­tion et enfin, frise une forme d’humour sur ses pro­pres impas­ses.

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