20 mai 2007

L’homme nu - Volume 2/3 : Paysages visités


- Détails de l’expo­si­tion

©®TVM

Commissaire : Aurélie Voltz
- Avec Alexandra Bircken, Dani Jakob, Pierre Malphettes, Alex Pollard.

Après « Allures anthro­po­mor­phes » consa­cré à la repré­sen­ta­tion humaine, « Paysages visi­tés », deuxième volet de la tri­lo­gie « L’homme nu », entend confron­ter dif­fé­rents types de natu­res, d’hori­zons, d’étendues, chacun tra­his­sant à sa manière leurs occu­pants : ceux qui les ont forgés, mode­lés, habi­tés, ou sim­ple­ment tra­ver­sés. Privilégiant le mode de l’ins­tal­la­tion, l’expo­si­tion se déploie sur deux ver­sants. D’un côté « Un arbre en bois sous un soleil électrique » de Pierre Malphettes, conçu à l’échelle humaine, donne l’effet d’un pos­si­ble pay­sage japo­nais recom­posé, entre-temps occi­den­ta­lisé. Poutres et tas­seaux, moquette et boule lumi­neuse, tra­dui­sent les éléments essen­tiels d’un tel tableau, à savoir l’arbre, la mousse au sol et le soleil levant. Une recons­ti­tu­tion rap­pe­lant celle des jar­dins japo­nais, eux-mêmes sous-ensem­bles codi­fiés de plus vastes étendues. Le pay­sage minia­ture d’Alexandra Bircken, fait de bouts de laine et de mor­ceaux de nature (bran­ches, feuilles), agencé méti­cu­leu­se­ment, se pré­sente également comme une véri­ta­ble com­po­si­tion. « Tricoté main », il fait appel à une dex­té­rité manuelle proche de l’arti­sa­nat, tout en convo­quant main­tes réfé­ren­ces atte­nan­tes au genre du pay­sage. L’autre ver­sant de l’expo­si­tion pen­che­rait davan­tage du côté d’une expé­rience men­tale, où abs­trac­tion et dépouille­ment se feraient écho. « La Nostalgie de la boue » est le titre évocateur de l’ins­tal­la­tion de Dani Jakob, une mer de sel séché aux mul­ti­ples rami­fi­ca­tions, en désir d’expan­sion. Dans ce pay­sage déser­ti­que, gra­nu­leux, aride et fibreux, sem­blent s’être échoués des objets d’une civi­li­sa­tion humaine échue, liqué­fiée. Une sombre atmo­sphère aux accents roman­ti­ques, le miroir jouant de ce point de vue un rôle sym­bo­li­que. Au loin, la bête d’Alex Pollard (« The Beast »), à l’allure pré­his­to­ri­que, achève de plon­ger le visi­teur dans un temps sus­pendu. Si l’homme est phy­si­que­ment absent de cette expo­si­tion, sa pré­sence se devine tou­jours à mi-chemin entre faune et flore... ( lire la suite )

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