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Des couleuvres, en veux-tu ?

Avril 2008

En ce début d’avril, nous conti­nuons à avaler des cou­leu­vres, tous les sec­teurs sont tou­chés par les bais­ses et les sup­pres­sions de sub­ven­tions et de cré­dits, là où l’État a un rôle majeur à jouer pour garan­tir à tous sur le ter­ri­toire, un égal accès aux soins, à l’éducation, à la jus­tice et à la culture, on ne peut que cons­ta­ter son désen­ga­ge­ment sans com­plexe.
Ses dis­cours arro­gants ten­tent de culpa­bi­li­ser chaque citoyen de ne pas avoir les moyens décents pour vivre en ce monde, c’est-à-dire pas de droits aussi élémentaires soient-ils SANS ARGENT.
Afin de mieux mettre à bas 100 ans d’his­toire d’expé­rien­ces de Mutualisation et d’Éducation popu­laire et parce que, jus­te­ment, ces der­niers ont fait la preuve que ça marche, l’État pré­fère faire le choix de les brader au monde mar­chand.

Ici, ce rac­courci volon­taire, pour mettre en évidence la remise en ques­tion de tout ce qui contri­bue à l’égalité face à l’espé­rance de vie, qui rap­pe­lons-le, est le résul­tat de quatre fac­teurs prin­ci­paux : l’ali­men­ta­tion, l’eau pota­ble, l’éducation, l’accès aux soins et d’un cin­quième, la péni­bi­lité du tra­vail.

« Les pri­son­niers du boulot ne font pas de vieux os »

Bien naïfs ceux qui pen­se­raient encore qu’en ven­dant leur unique bien, c’est-à-dire leur santé, en « tra­vailler plus, pour gagner plus » contri­bue­raient ainsi à l’épanouissement de leur vie. Rappelons que l’on ne vit qu’une fois et que, d’autre part, cela ne s’est jamais avéré être véri­fié de manière posi­tive, au contraire.

Du temps, OUI. Pour penser, créer, conti­nuer à com­pren­dre le monde dans lequel nous vivons, être atten­tif à l’autre, à ses pro­ches, pro­fi­ter de ces ins­tants qui ne sont pas sus­pen­dus aux lèvres de la ren­ta­bi­lité, le droit à la paresse enfin, droit qui ne veut pas dire ne rien faire ! Du temps OUI. Non pour accu­mu­ler des cré­dits à vie dans une course effré­née de l’Avoir, mais du temps pour deve­nir et Être libre, se sachant n’être qu’un invité, ayant pour res­pon­sa­bi­lité de géné­ra­tion en géné­ra­tion de lais­ser à la sui­vante un monde viva­ble et hos­pi­ta­lier.

Mai 68, une soli­da­rité entre les géné­ra­tions…

Il nous faut revi­si­ter l’his­toire, celle qui est nôtre, et non ce que l’on nous en dit. Si Mai 68 est réduit à une sym­pa­thi­que « révolte de jeunes », ce ne sont pas moins de quinze à vingt ans de radi­ca­lisme poli­ti­que qui sont ainsi occultés dans ce couple mémoire/oubli, retracé de manière magis­trale dans le livre de Kristin Ross Mai 68 et ses vies ulté­rieu­res, coédité par Complexe et Le Monde diplo­ma­ti­que, dont je vous invite à lire un large extrait dans la paru­tion du mois d’avril.

Le modèle fran­çais jugé « liber­ti­cide »...

Nous sommes heu­reux d’appren­dre que le Parlement euro­péen dit non à la déconnexion des pira­tes. En effet les dépu­tés euro­péens s’oppo­sent à une cri­mi­na­li­sa­tion des consom­ma­teurs dans la lutte contre le pira­tage. Une cri­ti­que ouverte des mesu­res prô­nées par la mis­sion Olivennes.. Ainsi, ils esti­ment que la pri­va­tion de connexion va « à l’encontre des Droits de l’homme, des droits civi­ques et des prin­ci­pes de pro­por­tion­na­lité, d’effi­ca­cité et d’effet dis­sua­sif, telles que l’inter­rup­tion de l’accès à Internet ».
C’est un bon début , quand on sait que la France pré­si­dera l’Union dans quel­ques mois.

Sauvons la culture...

Aujourd’hui, tous les sec­teurs mena­cés se mobi­li­sent, et la culture n’est pas en reste. Faisant fi des diver­gen­ces esthé­ti­ques tous les domai­nes du sec­teurs s’orga­ni­sent …
Donc, soyons atten­tifs à ces actions à venir.

Annie Agopian, direc­trice

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