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Un Plan simple 2/3 (Scène)

du 29 avril au 3 juillet 2009
Vernissage le mardi 28 avril à partir de 18 h, suivi d’une soirée mix assurée par Otto Dicks et MémoireVive

Artistes : Scoli Acosta, Sophie Dubosc, Daniel Firman, Douglas Gordon, Lothar Hempel, Jacques Julien, Jan Kopp, Christophe Lemaitre, Gyan Panchal, Giulio Paolini, Tony Regazzoni

Une proposition du le collectif de commissaires d’exposition Le Bureau/

Catalogue dis­po­ni­ble, lire à son propos l’arti­cle publié sur le site de lacri­ti­que.org.

Le cycle d’expo­si­tions inti­tulé Un plan simple a été spé­ci­fi­que­ment conçu pour la Maison Populaire. Non pas tant pour l’espace au sens de pro­duc­tions in situ ou contex­tuel­les, mais sur­tout par rap­port à cet espace, à la manière dont cette salle d’expo­si­tion est envi­sa­gée, regar­dée et pra­ti­quée quo­ti­dien­ne­ment par le public. En effet, le Centre d’art, qui est également l’entrée de la Maison popu­laire, est un lieu qui se tra­verse : bien des per­son­nes y pas­sent très régu­liè­re­ment pour se rendre vers d’autres acti­vi­tés et jet­tent un coup d’œil aux expo­si­tions par la même occa­sion. Les expo­si­tions d’Un plan simple décou­lent de ce cons­tat : une expo­si­tion peut être regar­dée en pas­sant et s’appré­hen­der alors comme une image fron­tale. Les trois expo­si­tions orga­ni­sées par le Bureau/ se pro­po­sent donc d’exa­mi­ner dif­fé­ren­tes moda­li­tés de cons­truc­tion d’une image : la pers­pec­tive, la scène et l’écran. Ces « formes sym­bo­li­ques » sont char­gées de réfé­ren­ces car elles repré­sen­tent des struc­tu­res déter­mi­nan­tes de l’his­toire cultu­relle. Ici, elles ser­vi­ront cha­cune d’outil scé­no­gra­phi­que pour pro­po­ser un accro­chage créant une image bi-dimen­sion­nelle. Le spec­ta­teur qui choi­sira d’y péné­trer pourra ainsi déam­bu­ler parmi les oeu­vres.

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Vue de l’exposition
Photo Aurélien Mole

Scène
Après une expo­si­tion cen­trée sur la pers­pec­tive – pro­po­si­tion élaborée lors du pre­mier volet éponyme – cette expo­si­tion prend la scène comme point de départ. Autre décli­nai­son de la boîte à images, la scène (théâ­trale, musi­cale) pro­pose une expé­rience col­lec­tive (à la fois sur scène et dans la salle) de manière fron­tale, et active les notions de spec­ta­cle, de per­for­mance et de repré­sen­ta­tion.
Le dis­po­si­tif scé­ni­que occi­den­tal trouve son ori­gine dans le théâ­tre grec et les fêtes don­nées dans le cadre du culte au dieu Dionysos. S’émancipant petit à petit de sa voca­tion reli­gieuse, il se carac­té­rise par la posi­tion cen­trale qu’il accorde à l’humain au sein de son dis­po­si­tif. Au ser­vice de la cité, il permet de régu­ler les pas­sions au moyen de ce qu’Aristote nomma la cathar­sis et qui se fonde sur l’empa­thie que le spec­ta­teur peut res­sen­tir vis-à-vis du héros de la tra­gé­die.
Parallèlement à la codi­fi­ca­tion du genre théâ­tral, l’archi­tec­ture se fige dans une divi­sion spa­tiale entre scène et salle. À la Renaissance, avec l’inven­tion du théâ­tre à l’ita­lienne ins­pi­rée de Vitruve, l’espace de la scène devient un espace illu­sion­niste doté d’éléments archi­tec­tu­rés et de trompe l’œil en pers­pec­tive, placé dans un bâti­ment qui lui est spé­ci­fi­que.

Cet espace illu­sion­niste, dont les limi­tes phy­si­ques et sym­bo­li­ques n’auront pas cessé d’être remi­ses en ques­tion, est encore aujourd’hui le mode de pré­sen­ta­tion pri­vi­lé­gié de la per­for­mance, que celle-ci soit théâ­trale, musi­cale ou plas­ti­que. Dans cet espace de repré­sen­ta­tion, le Bureau/ s’inté­resse aux fron­tiè­res et aux codes qui déter­mi­ne­raient l’acti­vité des uns (les acteurs) et la pas­si­vité des autres (le « décor », et les spec­ta­teurs dans la salle). Dans une volonté de dis­tan­cia­tion brech­tienne, un miroir est placé au fond de la salle, afin, d’une part, de mul­ti­plier les points de vue sur les oeu­vres, et, d’autre part, d’inclure plei­ne­ment le spec­ta­teur dans la repré­sen­ta­tion. Le miroir rejoue et com­pli­que ainsi la sépa­ra­tion acti­vité/pas­si­vité, ici le "pla­teau" inac­tif et le reflet du spec­ta­teur actif, créant une nou­velle confi­gu­ra­tion scé­ni­que et pro­jec­tive de l’ensem­ble.

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Vue de l’exposition
Photo Aurélien Mole

Déplaçant sa pra­ti­que de la per­for­mance vers un tra­vail plas­ti­que, Scoli Acosta évoque un spec­ta­cle fac­tice, une mise en scène qui se dénonce elle-même. L’artiste qui réfère à une ima­ge­rie très pop, entre science fic­tion et super­mar­ché, s’inté­resse prin­ci­pa­le­ment à des formes fabri­quées par l’homme mais retra­vaillées par la nature.
Les œuvres de Sophie Dubosc par­ti­ci­pent d’une pra­ti­que de la sculp­ture comme envi­ron­ne­ment, s’appro­priant des objets du quo­ti­dien pour les char­ger d’his­toi­res. Loin de ready-made imper­son­nels, ces objets sont mis en scène pour que le spec­ta­teur ait l’impres­sion de sur­pren­dre un temps sus­pendu.
Trouble d’une pré­sence incer­taine, la sculp­ture de Daniel Firman Carla (Mouvement III) figure, dans une impul­sion figée, le troi­sième geste d’une danse impro­vi­sée.
Blind Spencer et Blind Alan Ladd (mirror), de Douglas Gordon, sont des pho­to­gra­phies de stars du cinéma des années 1950 aux­quel­les l’artiste a sup­primé les yeux. Il est donc ques­tion ici du cinéma en tant que medium s’adres­sant prin­ci­pa­le­ment à la vision, d’acteurs trans­cen­dés par les mil­lions de paires d’yeux por­tées sur leur per­for­mance et d’un regard qui n’est jamais rendu.
Combinant le plus sou­vent pein­tu­res, des­sins, col­la­ges, pho­to­gra­phies, sculp­tu­res et vidéos, les ins­tal­la­tions de Lothar Hempel cons­ti­tuent les éléments d’un théâ­tre où les œuvres sont tout à la fois le synop­sis, le décor, les per­son­na­ges et les acces­soi­res d’une scène de théâ­tre sur laquelle le spec­ta­teur devient l’acteur d’une nar­ra­tion faite de ren­vois et de contra­dic­tions.
Les des­sins de Jacques Julien, issus de la série Les empa­thi­ques, fonc­tion­nent comme autant de plan­ches de story-board dans les­quel­les il met en scène les maquet­tes de ses sculp­tu­res dans des pay­sa­ges issus de pein­tu­res clas­si­ques.
La sculp­ture de Jan Kopp And this is only the begin­ning mêle la repré­sen­ta­tion sty­li­sée d’une ville dans un cra­tère à la struc­ture archi­tec­tu­rale du théâ­tre anti­que. Eclairée par le dessus au moyen de lampes de bureau qui foca­li­sent comme des spots le regard vers l’inté­rieur de la sculp­ture, les dif­fé­ren­tes stra­tes opa­ques et réflé­chis­san­tes qui struc­tu­rent la maquette en poly­sty­rène ren­voient en sens inverse vers l’exté­rieur de la pièce. L’effet de miroir qui s’ins­talle entre le spec­ta­teur et l’oeuvre méta­pho­rise ainsi un rap­port typi­que­ment théâ­tral.
Comme une tran­si­tion entre la Perspective et la Scène, l’oeuvre de Christophe Lemaitre s’offre comme l’image d’un rideau, dont la trame est réa­li­sée par un pro­gramme infor­ma­ti­que, et opère le bas­cu­le­ment entre une image bi-dimen­sion­nelle et une repré­sen­ta­tion tri-dimen­sion­nelle.
Gyan Panchal pré­sente quant à lui une sculp­ture iné­dite cons­ti­tuée d’un maté­riau indus­triel recou­vert par­tiel­le­ment de poudre de Curcuma, et dont la vision jouera direc­te­ment avec le miroir ins­tallé en fond de scène.
Avec Intervallo, Giulio Paolini convo­que la sta­tuaire anti­que sous forme de mou­la­ges en plâtre auquel il fait jouer une double fonc­tion. D’une part, chaque statue est la repré­sen­ta­tion d’un événement ou d’une his­toire (ici il s’agit d’un combat entre deux hommes), d’autre part en frag­men­tant ou en dédou­blant ces objets, l’artiste joue avec l’espace à la manière de la sculp­ture mini­male. Ainsi, pour Intervallo la dis­tance qui sépare les deux par­ties de la statue est aussi impor­tante que l’objet lui-même.
Produite spé­ci­fi­que­ment pour cette expo­si­tion, la sculp­ture de Tony Regazzoni reprend un élément archi­tec­tu­ral de l’ingé­nie­rie du spec­ta­cle – une rampe pour pro­jec­teurs – qu’il revi­site avec des maté­riaux qui, tout en ren­dant son uti­lité obso­lète, lui confè­rent une dimen­sion quasi-char­nelle.

Ressources

  • Télécharger : Dossier de presse (PDF – 271.7 ko)
  • Informations

    Revue de Presse sur le web
    La boîte à sortie, Mode online, Parisart, EtherREAL

    Événement dans le cadre de l’exposition :
    Mercredi 6 mai 2009 à 19h30
    Performance de Jeune Fille Orrible

    Entrée libre

    Visites commentées les vendredis à 19h et sur demande à l’accueil du lundi au vendredi de 14h à 21h

    - Pour tous renseignements : Floriane Benjamin

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