Séminaires

Philosophie et Esthétique du Dédoublement

samedi 29 novembre 2008 à 14h
conférences et échanges

avec la participation d’Ariane Maugery, vidéaste, plasticienne, docteur en art plastique (Aix-Marseille I), Ariane Bilheran, normalienne, clinicienne, docteur de psychologie (Aix-Marseille I)

Philosophie et Esthétique du Dédoublement

Forum orga­nisé par Jean-Yves Heurtebise
pour le CIPH (Collège International de Philosophie), dans le cadre de la mani­fes­ta­tion Envie d’Amphi de la mairie de Paris,
samedi 29 novem­bre 2008 (14 h-18 h),
au Collège Internationale de Philosophie, (entrée libre).

« Je est un autre »

Nous vou­drions inter­ro­ger, à tra­vers le cinéma notam­ment, le thème du double et du dédou­ble­ment en ses dif­fé­ren­tes facet­tes psy­cho­ti­ques, poé­ti­ques, poli­ti­ques…
Ce thème du double et du dédou­ble­ment nous semble réson­ner d’un écho pro­fond aujourd’hui, tra­dui­sant notre mal-être devant un monde sur lequel nous avons peu de prise : l’homme s’échappe lui-même et est par­tout confronté au dédou­ble­ment, à son propre double ou celui des autres et du monde. Double incons­cient de la cons­cience, double intan­gi­ble du sou­ve­nir, double nar­cis­si­que des (faus­ses ?) iden­ti­tés numé­ri­ques, double vir­tuel du monde actuel : nous vivons dans un jeu de dédou­ble­ment sans fin, de plus en plus nous ne pou­vons plus faire une seule chose à la fois, nous fai­sons à la fois ceci et cela (nous télé­pho­nons en condui­sant, regar­dons la télé en man­geant, écoutons de la musi­que en cou­rant).
Un tel état de dédou­ble­ment cons­tant est géné­ra­teur d’un « stress » per­pé­tuel. C’est pour­quoi, a contra­rio, dans le boud­dhisme zen, on dit que pour attein­dre à l’état d’Eveil, il s’agit sim­ple­ment d’être pré­sent à ce que l’on fait au moment où on le fait. Comme le disait Montaigne : « Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire quand je me pro­mène soli­tai­re­ment en un beau verger, si mes pen­sées se sont entre­te­nues des occur­ren­ces étrangères quel­que partie du temps, je les ramène à la pro­me­nade, au verger, à la dou­ceur de cette soli­tude et à moi. » Cependant, rame­ner la pensée à soi, com­ment est-ce pos­si­ble quand celui qui pense est autre que celui qui est, quand j’assiste à l’éclosion de mes pen­sées, quand je contem­ple les événements qui m’arri­vent comme s’ils arri­vaient à un autre, quand les sen­ti­ments que j’éprouve sont les mêmes au même moment que ceux d’un mil­lion d’autres ?
Je est un autre. Mais l’autre de qui ? de soi-même ou d’un autre ? Je est un autre mais cet autre, d’où vient-il ? qu’est-ce qui le guide ? L’autre du Je mani­feste-t-il l’emprise de notre incons­cient sur nous-mêmes ou l’emprise sur nous de ce qui n’est pas nous-mêmes ? Et quelle est la nature de ce double ? L’autre du Je, est-ce la dou­blure spi­ri­tuelle du corps char­nel ou au contraire la dou­blure pul­sion­nelle et ani­male du moi cons­cient ? L’autre du Je, est-ce le Horlà qui nous dévore ? mani­feste-t-il le der­nier degré de notre alié­na­tion exis­ten­tielle et sociale ? est-il la pos­si­bi­lité d’une fuite hors de soi-même ? ou marque-t-il l’impos­si­bi­lité d’échapper à ce qui nous fait nous-mêmes, car ce nous-mêmes n’existe que rela­ti­ve­ment à autre chose, d’autres êtres, un(e) autre ?
Il y a dans l’idée du dédou­ble­ment un rap­port cer­tain avec la notion d’alié­na­tion, dans son double sens psy­cho­lo­gi­que et poli­ti­que, mais il y a aussi quel­que chose qui dépasse la notion d’alié­na­tion : il y a une posi­ti­vité pos­si­ble du dédou­ble­ment, face à l’empri­son­ne­ment du moi, de la per­sonne en elle-même. Le dédou­ble­ment, c’est aussi la pos­si­bi­lité d’une bifur­ca­tion créa­trice, d’un « étrangement » sal­va­teur.
Pour trai­ter ces ques­tions, nous pour­rions nous appuyer, par exem­ple, sur divers extraits de films, mon­trant les dif­fé­ren­tes facet­tes du double et du dédou­ble­ment.
Le dédou­ble­ment comme :
1. Dissolution psy­chi­que : Shining de Kubrick ; 2. Aliénation psy­cho­lo­gi­que : La Déesse de Satyajit Ray ; 3. Voyage dans la mémoire : Solaris de Tarkovski ; 4. Fuite poé­ti­que : Profession Reporter d’Antonioni ; 5. Echappatoire poli­ti­que : La Faute à Voltaire de Kechiche ; 6. Destin exis­ten­tiel : La double vie de Véronique de Kieslowski

Intervenants

Jeunes Chercheurs pré­sen­tent
Ariane Maugery, vidéaste, plas­ti­cienne, doc­teur en art plas­ti­que (Aix-Marseille I). Vidéos : Swarming bodies, pro­jec­tions : New York, Miami, Paris (Nuit blan­che 2007) ; µ-gra­vity oddity, pro­jec­tions : Cassis, Aix-en-Provence, Budapest.
Ariane Bilheran, nor­ma­lienne, cli­ni­cienne, doc­teur de psy­cho­lo­gie (Aix-Marseille I). Livres : Le Délire ; Le Harcèlement ; La Maladie, cri­tère des valeurs chez Nietzsche.

Ce Forum se pour­sui­vra les 6 et 7 mars 2009 à la Maison Populaire de 18h à 22h.

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