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L’homme nu chapitre 1 : Allures anthropomorphes

du 23 janvier au 7 avril 2007

Commissaire : Aurélie Voltz
Avec Alexandra Bircken, Sebastian Hammwöhner, Mathieu Mercier, Jean-Luc Moulène, Sarkis, Franck Scurti, Didier Trenet, Bernhard Walter.

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Mathieu Mercier
Mask, 2003, Serre-câbles en plastique, métal
28 x 29 cm
Courtesy Galerie chez Valentin, Paris

Privilégiant la ren­contre et l’échange, L’homme nu pré­sente des œuvres sous le signe d’une lec­ture anthro­po­lo­gi­que, dans une notion de redé­cou­verte de formes, de cultu­res, ances­tra­les ou contem­po­rai­nes, avec une atten­tion cen­trée sur l’homme : sa repré­sen­ta­tion, son envi­ron­ne­ment et son mode de vie cons­ti­tuent les trois volets de cette pro­gram­ma­tion. Oeuvres in situ, sculp­tu­res, des­sins, objets, vien­dront, de manière abs­traite, concrète, ima­gi­naire et poé­ti­que recom­po­ser un pay­sage uni­ver­sel, aux cou­leurs mul­ti­ples. Ce croi­se­ment de cultu­res et l’ana­lyse de leurs méca­nis­mes vien­nent en écho au thème fédé­ra­teur de l’hos­pi­ta­lité, pro­posé par TRAM.

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Sarkis
Le masque touché, 2006
masque chaman tibétain, pâte à modeler, plateau en pierre indien
40x33x13cm.
Courtesy galerie Jean Brolly, Paris

L’inti­tulé L’homme nu, emprunté à Claude Lévi-Strauss, pro­pose d’envi­sa­ger l’homme dans son état le plus simple, comme un man­ne­quin que l’on habille, les dif­fé­ren­tes stra­tes jouant le rôle d’impres­sions suc­ces­si­ves de civi­li­sa­tions, de cultu­res, de pra­ti­ques com­mu­nau­tai­res ou d’usages sociaux. Un homme sous influen­ces indif­fé­rem­ment pro­ches ou loin­tai­nes, aussi bien géo­gra­phi­que­ment qu’his­to­ri­que­ment. Plus qu’un sujet, l’anthro­po­lo­gie est ici abor­dée de biais. Comme un nou­veau regard, elle révèle un cer­tain nombre d’œuvres ayant trait à une appro­che sen­si­ble de l’homme. De ce point de vue, les artis­tes invi­tés, issus d’uni­vers forts dif­fé­rents et ne par­ta­geant pas néces­sai­re­ment la même vision sur la société humaine, sont réunis par les œuvres pré­sen­tées. Le choix, l’agen­ce­ment et la confron­ta­tion de celles-ci pour­raient davan­tage évoquer une col­lec­tion per­son­nelle d’objets, sus­ci­tant une curio­sité, posant des ques­tions, plus qu’une démons­tra­tion théo­ri­que, ten­tant d’y répon­dre.

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VUE D’EXPOSITION
photo Marc Domage

Le pre­mier volume de cette tri­lo­gie, inti­tulé « Allures anthro­po­mor­phes », se consa­cre à la repré­sen­ta­tion humaine dans ses formes les plus diver­ses. D’un côté, un cer­tain nombre d’œuvres ont ten­dance à poin­ter une occi­den­ta­li­sa­tion des cultu­res. Si Franck Scurti, avec « White memory » marque clai­re­ment une réfé­rence à l’épuisement des formes des mas­ques afri­cains et leurs consé­quen­ces amné­si­ques, Mathieu Mercier établit un paral­lèle entre ces mêmes objets, revê­tant des pro­prié­tés magi­ques, per­met­tant l’acces­sion à des esprits sur­na­tu­rels, avec une culture amé­ri­caine spor­tive, le base-ball. En effet, le masque est ici uti­lisé par deux cultu­res fort dis­tinc­tes pour se pro­té­ger du danger, voire de l’autre, ceci dans un contexte de ras­sem­ble­ment, le jeu s’appro­chant d’un pro­cédé rituel. « Le masque jaune », dessin de Jean-Luc Moulène, figure une tête dans sa forme géné­ri­que, quasi abs­traite, en tant que signe du corps. Prenant les mytho­lo­gies à rebours, il n’est pas ques­tion ici de retour à l’ori­gi­nal mais, selon l’auteur, « d’extrac­tion » ou encore « d’actua­li­sa­tion ». Bernhard Walter, non sans une cer­taine déri­sion, pro­pose au visi­teur de grim­per sur un esca­lier de for­tune afin de se trou­ver nez à nez avec deux têtes d’argi­les, gros­siè­re­ment mode­lées, posées sur une étagère en hau­teur. Entre les deux, une dis­tance, un vide, ceux d’une culture à l’autre, ironie d’un regard posé, d’un inté­rêt pour ce que l’homme a sou­vent, en l’étudiant, détruit. Sebastian Hammwöhner, quant à lui, pro­cède har­mo­nieu­se­ment à la fusion de l’objet et de son décou­vreur : « Mr. Gabbeh », un dessin repré­sen­tant un tapis au visage sty­lisé, porte le nom de l’inven­teur de ses motifs orne­men­taux. Le tapis est dou­ble­ment incarné, mis au rang du por­trait, en étant accro­ché au mur.
L’autre ver­sant de l’expo­si­tion concerne des œuvres sans doute plus hybri­des, qui mêlent dif­fé­ren­tes cultu­res, s’appro­prient des formes, des cou­leurs, des styles, des objets avec un souci de s’affran­chir de toute réfé­rence. « Le masque touché » de Sarkis est de ce point de vue exem­plaire, asso­ciant un masque chaman tibé­tain du début du 20° siècle à un pla­teau de pierre indien 19°, ajou­tant à la tête une che­ve­lure de plas­ti­line fluo­res­cente. Siècles et civi­li­sa­tions entre­cho­qués don­nent pour­tant un résul­tat sai­sis­sant d’évidence. « Les jeunes tra­ves­tis » de Didier Trenet, série de poêles à pétrole vêtus de tutus, ali­gnés, dans leurs dis­pro­por­tions de taille et de genre, offrent des sil­houet­tes tout aussi étranges et indé­fi­nis­sa­bles que le petit « Goldfinger », per­son­nage de laine et de fines bran­ches, au doigt de pied doré, réa­lisé par Alexandra Bircken. Si l’on pense au théâ­tre, au dégui­se­ment, à la mise en scène, au bur­les­que pour l’œuvre du pre­mier, l’œuvre de l’artiste l’alle­mande tire plutôt du côté de la fable, du récit, de l’ima­gi­naire.

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VUE D’EXPOSITION
photo Marc domage

Face à ces dif­fé­rents types d’œuvres, le visi­teur peut se trou­ver dérouté. Mais une chose est sûre, de toutes ces têtes, mas­ques, bustes, sil­houet­tes, plus ou moins hié­ra­ti­ques, sty­li­sés, syn­thé­ti­ques ou sim­ple­ment évocateurs, faits de matiè­res brutes, natu­rel­les ou arti­fi­ciel­les, res­sort tou­jours un sen­ti­ment pro­fon­dé­ment humain. Sans pour autant déga­ger quel­que cou­rant que ce soit, on peut établir un paral­lèle avec cer­tains artis­tes au tour­nant du 20° siècle. Archaïsme ? Primitivisme ? Ce que l’on retient est que cette radi­ca­li­sa­tion de la forme pro­cé­dait alors d’une néces­sité de res­tau­rer la repré­sen­ta­tion de la figure humaine.

VUE D'EXPOSITION

Au prin­temps 2007, le centre d’art de la Maison popu­laire, pren­dra part avec cette expo­si­tion à la mani­fes­ta­tion artis­ti­que d’enver­gure inter­na­tio­nale Hospitalités, coor­don­née par Tram qui se décli­nera dans les 25 struc­tu­res mem­bres du réseau. Ce projet valo­ri­sera, dans sa mise en œuvre, les syner­gies à l’échelle régio­nale et inter­na­tio­nale. Il assu­rera une visi­bi­lité des actions artis­ti­ques déve­lop­pées par les pro­fes­sion­nels de l’art contem­po­rain. Il conso­li­dera la cir­cu­la­tion entre les lieux. Dans cette logi­que de mise en réseau, des ins­ti­tu­tions de renom­mée inter­na­tio­nale, s’asso­cie­ront à ce projet, telles que le Centre Georges Pompidou, qui fêtera au même moment ses 30 ans avec l’expo­si­tion Air de Paris. À l’échelle euro­péenne, cet événement favo­ri­sera les échanges avec des pro­fes­sion­nels étrangers, invi­tés dans le projet de carte blan­che ou au moment de l’inau­gu­ra­tion de la mani­fes­ta­tion. Le temps fort du projet aura lieu fin mars-début avril.

Informations

- Rencontre : Le printemps de l’hospitalité
lundi 2 avril 2007 à 20 h
Rencontre autour des oeuvres en présence d’Annabelle Boissier, anthropologue, co-fondatrice du groupe de réflexion « Socio-Anthropologie des Arts Plastiques dans les contextes périphériques », Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, du commissaire et des artistes de l’exposition (Sebastian Hammwohner, Franck Scurti, Didier Trenet, Bernhard Walter). Modération : Thomas Michelon, attaché culturel et directeur adjoint de l’Institut Français des Pays-Bas.

- L’hospitalité
mardi 3 avril 2007 à 20 h
par René Schérer, philosophe, professeur émérite à l’université de Paris VIII-Vincennes-Saint-Denis.
L’hospitalité, la chose la plus urgente et pourtant la plus méconnue, la plus bafouée aujourd’hui. Et ne s’agit pas seulement d’une expression juridique, législative, mais d’une extension de son concept à tous les aspects de la vie. Il est question, dans une hospitalité élargie, d’une habitation enfin vraiment humaine de la planète à laquelle seule elle peut assurer valeur et attrait. R. S.

- taxi tram/Pot de finissage de l’exposition L’homme nu
samedi 7 avril 2007 à partir de 14h
à l’occasion du taxi tram, balade artistique en ile de france organisée par le réseau tram (renseignement et inscription taxitram@wanadoo.fr 01 53 34 64 15)
vsisite de l’exposition par Aurélie Voltz, commissaire invitée et des artistes suivie d’un pot.

-  L’homme nu : Volume 2/3 : Paysages visités

- L’homme nu : Volume 3/3 : Art de Faire

- Visites commentées gratuites de l’exposition tous les vendredis à 19 h.
Inscription à l’accueil de la Maison Populaire ou au 01 42 87 08 68

Entrée libre
- Pour tous renseignements : Floriane Benjamin

ParisArt

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Saison 2006-2007
du 24 avril au 30 juin 2007
du 23 janvier au 7 avril 2007
jusqu’au 16 décembre 2006
jusqu’au 19 novembre 2006
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