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Journée du 8 mars, que font les artistes ?

Du lundi 4 mars au vendredi 8 mars 2002

Exposition, projections, rencontre et concert

Le 8 mars, jour­née des femmes, que font les artis­tes ?

Créée en 1910 à Copenhague, par l’Internationale des femmes socia­lis­tes, cette jour­née devait, à l’ori­gine, servir dans chaque pays à la pro­pa­gande en faveur du vote fémi­nin. Le 19 mars 1911, plus d’un mil­lion de mani­fes­tan­tes, en Allemagne, en Suisse, en Autriche et au Danemark, célè­brent « leur » jour­née. Les Françaises sui­vent le 5 juillet 1914. Le 23 février 1917, à Saint Pétersbourg, des ouvriè­res des­cen­dent pro­tes­ter dans la rue : c’est le début de la pre­mière Révolution russe. Lénine choi­sit cette date, qui cor­res­pond au 8 mars de notre calen­drier, pour célé­brer la Journée des femmes.

Dans cer­tains pays, comme l’Allemagne ou l’Angleterre, les femmes ont obtenu le droit de vote dès 1918, et si les Françaises ne sont allées aux urnes pour la pre­mière fois qu’en 1945, dans toutes les démo­cra­ties, cette ques­tion est main­te­nant réso­lue. Pourtant, en 1982, notre gou­ver­ne­ment a fait du 8 mars un jour de célé­bra­tion offi­cielle. Mais que célè­bre-t-on ce jour-là ? « La » femme ? Une entité abs­traite qui a plus sou­vent servi à oppri­mer « les » femmes ? Ou bien « Les » femmes ? Et quel est le jour des hommes ? Qu’y a-t-il de dif­fé­rent ? Qu’est qu’il y a qui ne va pas dans l’his­toire contem­po­raine des femmes pour qu’existe encore cette jour­née, comme il en existe une pour les han­di­ca­pés ou le SIDA ?

Il y a que dans le monde, la majo­rité des vic­ti­mes de la pau­vreté et des vio­len­ces sont des femmes, ainsi que 70 % des anal­pha­bè­tes. La pri­va­tion d’éducation et de culture est une des bases de la domi­na­tion. L’exem­ple du régime Taliban et de l’inter­dic­tion faite aux jeunes Afghanes de fré­quen­ter l’école au-delà de l’âge de 8 ans ne doit pas nous faire oublier qu’il a fallu atten­dre 1972 pour que toutes les gran­des écoles fran­çai­ses soient enfin ouver­tes aux filles. Et que même aujourd’hui, les filiè­res les moins valo­ri­sées, et qui débou­chent sur des salai­res infé­rieurs, sont aussi celles où les étudiantes se retrou­vent plus nom­breu­ses que les étudiants.

En bref, cette jour­née du 8 mars est le signe de l’iné­ga­lité qui per­dure entre les sexes malgré plus de deux siè­cles de luttes fémi­nis­tes. ( On peut en effet consi­dé­rer La décla­ra­tion des droits de la femme et de la citoyenne, écrite en 1791 par Olympe de Gouges, qui mourut sur l’échafaud deux ans plus tard, comme le pre­mier geste mar­quant de ce combat.)

Quand le mou­ve­ment fémi­niste se réveilla, après 1968, du silence auquel la montée des tota­li­ta­ris­mes, puis la Seconde guerre mon­diale et la guerre froide l’avaient contraint, de nom­breu­ses artis­tes y par­ti­ci­pè­rent, au point qu’on peut parler, pour cette période d’un « art fémi­niste ». Elles se réu­ni­rent, for­mè­rent des grou­pes de réflexion, contes­tè­rent, cher­chè­rent, et firent passer dans leur tra­vail les inter­ro­ga­tions d’alors. En France, elles s’appe­laient par exem­ple Léa Lublin, Nil Yalter, Orlan, Dorothée Selz, Tania Mouraud ou Françoise Janicot. Que reste-il aujourd’hui de leur démar­che ? Que nous en a-t-il été trans­mis ? Existe-t-il, dans la jeune créa­tion, des artis­tes qui se sen­tent concer­nées par l’équivalent contem­po­rain des préoc­cu­pa­tions d’il y a trente ans ? En bref, le 8 mars, que font les artis­tes ? Certaines s’en moquent, ont d’autres inté­rêts, ou pen­sent qu’il s’agit d’un combat dépassé, et elles ne sont pas là. Mais cer­tai­nes conti­nuent le combat, et d’autres repren­nent le flam­beau. Voilà ce que cette expo­si­tion démon­tre à tra­vers plu­sieurs géné­ra­tions de femmes artis­tes, puis­que, entre autres, on y retrouve Nil Yalter, pion­nière à la fois de l’art fémi­niste et des nou­vel­les tech­no­lo­gies, et qu’on y ren­contre Marie-Hélène Vincent, qui fut l’élève de Tania Mouraud ou de jeunes rap­peu­ses, dont une chan­son s’inti­tule MLF, Nouvel’R.

Marie-Hélène Dumas*

* Dernières publi­ca­tions :
Femmes et arts au XXe siècle, le temps des défis, ouvrage col­lec­tif sous la direc­tion de Marie-Hélène Dumas, Ed. Lunes., novem­bre 2000
Il reste moins de temps que tout à l’heure, récit, Ed. Joëlle Losfeld, février 2001


du 4 au 8 mars - Exposition

Nil Yalter, Histoire de peau (CD-Rom, 2002)
« Tel un ser­pent, dit l’artiste, je laisse les traces de ma peau sur mon pas­sage. » En numé­ri­sant son corps vieillis­sant, elle l’entraîne vers une abs­trac­tion et fait de sa sur­face une mémoire, un espace d’écriture.
Plasticienne fran­çaise d’ori­gine turque, née au Caire en 1938, Nil Yalter vit et tra­vaille à Paris depuis 1965. Particulièrement repré­sen­ta­tive des liens qui exis­tè­rent entre le fémi­nisme et l’art dans les années 70, elle a tra­vaillé alors en col­la­bo­ra­tion avec Nicole Croiset. (Dans l’art fémi­niste, la col­la­bo­ra­tion artis­ti­que vou­lait contes­ter la notion de génie indi­vi­duel grâce à laquelle les femmes ont si long­temps été écartées de l’his­toire et de la scène de l’art.) Pionnière de l’ins­tal­la­tion (avec Topak Ev, qu’elle montra en 1973 au Musée d’art moderne de la ville de Paris), puis de la vidéo, elle tra­vaille avec le numé­ri­que depuis1988.

Marie-Hélène Vincent, Et les autres jours ? (ins­tal­la­tion murale, 2002)
L’ins­tal­la­tion murale de Marie-Hélène Vincent revi­site le calen­drier et réé­crit l’his­toire d’un point de vue fémi­niste et inte­rac­tif : elle laisse au public des blancs à rem­plir en face de cer­tai­nes dates.
Artiste, née en 1966 à Paris, où elle vit et tra­vaille, Marie-Hélène Vincent est diplô­mée des Beaux-Arts de Paris. Elle a également fait une maî­trise d’arts plas­ti­ques inti­tu­lée D’un fémi­nin dans l’art contem­po­rain. Son tra­vail, qui uti­lise le son, le texte et la photo, porte un regard chargé d’humour et de poésie sur des sujets aussi variés que la société de consom­ma­tion, l’éducation, le monde du tra­vail, l’amour, la place des femmes dans la société ou notre angoisse devant le temps et la mort.

Laurence Vale, Sexe : F (docu­men­taire, 2001)
Documentaire de Laurence Vale sur l’arri­vée, le 17 octo­bre 2000 de la marche mon­diale des femmes à New York, où 200 d’entre elles ont ren­contré Kofi Annan, Secrétaire géné­ral des Nations unies pour lui remet­tre les mil­lions de signa­tu­res qui appuyaient les 17 reven­di­ca­tions de cette marche.
Née en 1948. réa­li­sa­trice, cadreuse, mon­teuse et concep­trice multi-média, depuis une dizaine d’années, Laurence Vale arpente le monde pour réa­li­ser repor­ta­ges et docu­men­tai­res. Elle a col­la­boré, au niveau concep­tion gra­phi­que et vidéo, à plu­sieurs CD-Rom, dont YAPA (1998),de Barbara Glowczewski, avec Barbara Gibson, artiste pein­tre Warlpiri (Grand prix du Festival du Film de Chercheurs de Nancy en 1999 et men­tion spé­ciale au 7e prix Möbius).

Marita Liulia, Ambitious Bitch et SOB (2 CD-Rom, 1996 et 1999)
Ces deux CD-Rom met­tent à jour, non sans humour, la fémi­nité et la mas­cu­li­nité occi­den­ta­les à la fin du deuxième mil­lé­naire. « Je suis deve­nue fémi­niste, dit-elle, car je ne vou­lais pas deve­nir maso­chiste » ou encore : « La mas­cu­li­nité est tout comme le capi­ta­lisme, tou­jours en crise. »
Artiste fin­lan­daise pion­nière du mul­ti­mé­dia, lau­réate du Prix Möbius International en 1996 et du Prix Ars Electronica, Marita Liulia com­bine art, recher­che, diver­tis­se­ment et tech­no­lo­gie. « Prenez cons­cience de vos pen­sées, tirez-en du plai­sir, ou remet­tez-les en ques­tion », voici à quoi nous invi­tent les des­ti­na­tions qu’elle donne à explo­rer.

Ida Applebroog (vidéo, 2001)
Vidéo prêtée par la gale­rie Nathalie Parienté ; images réa­li­sées par Muriel Toulemonde.
Peintre amé­ri­caine née à New York en 1929, Ida Applebroog compte parmi les prin­ci­pa­les repré­sen­tan­tes du milieu artis­ti­que fémi­niste de son pays. Les tableaux, les livres et les vidéos d’Applebroog trai­tent avec drô­le­rie et cruauté de nos peurs et de nos naï­ve­tés. Elle s’atta­que tout à tour au fonc­tion­ne­ment du pou­voir ou à l’ennui de la vie quo­ti­dienne, à la vio­lence irra­tion­nelle de notre monde ou à l’image des femmes que don­nent les artis­tes, comme les médias. Sa pein­ture a une intel­li­gence aiguë et une force admi­ra­ble, elle méri­te­rait d’être mieux connue en France.


ven­dredi 8 mars à partir de 18 h 30 - Projections, ren­contre, concert

18 h 30 Laurence Vale : Sexe : F
Documentaire de Laurence Vale sur l’arri­vée, le 17 octo­bre 2000, de la marche mon­diale des femmes à New York où 200 d’entre elles ont ren­contré Kofi Annan, Secrétaire géné­ral des Nations unies, pour lui remet­tre les mil­lions de signa­tu­res qui appuyaient les 17 reven­di­ca­tions de cette marche.

19 h 30 Rencontre excep­tion­nelle avec les artis­tes et Marie-Hélène Dumas.

20 h 30 Alexandra Tilman, L’une chante, l’autre aussi (docu­men­taire, 2002)
Documentaire sur Meufia, un des rares grou­pes de rap engagé exclu­si­ve­ment fémi­nin. Elles sont trois, elles ont entre 18 à 25 ans, elles vien­nent des quar­tiers de Strasbourg, elles ont des ori­gi­nes cultu­rel­les dif­fé­ren­tes, et elles défen­dent, entre autres, la cause des femmes.
Née à Paris en 1982, Alexandra Tilman est étudiante en socio­lo­gie et cinéma. Auteur, dans le cadre de ses études, de trois courts-métra­ges, elle se des­tine à la réa­li­sa­tion de docu­men­tai­res socié­taux.

21 h 00 : Meufia - concert
Pour Meufia, le HipHop n’appar­tient ni aux noirs, ni aux blancs, ni aux autoch­to­nes, ni aux gar­çons et ni aux filles, le HipHop est un mou­ve­ment cultu­rel et artis­ti­que dans lequel tous et toutes doi­vent avoir la pos­si­bi­lité de s’émanciper, d’exis­ter.
En savoir plus sur les Meufia

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Entrée libre

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Saison 2001-2002
du 21 juin au 29 juin 2002
du 13 mai au 31 mai 2002
du 29 mars au 15 juin 2002
Du lundi 4 mars au vendredi 8 mars 2002
du 16 janvier au 1er février 2002
du 12 janvier au 16 mars 2002
Vendredi 4 janvier 2002
Commissaire : Claire Le Restif
vendredi 30 novembre 2001 dès 14 h
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