La Maison populaire, une histoire en mouvement

Si vous souhaitez vous aussi apporter un moment singulier de votre passage à la Maison populaire, nous le publierons sur le site.

hier…

En 1966, la ville de Montreuil doit faire face à une aug­men­ta­tion notoire de sa popu­la­tion qui en 10 ans pro­gresse de 18%, Elle entre­prend alors la cons­truc­tion d’équipements et d’immeu­bles col­lec­tifs en masse pour faire face à la demande. Elle fait de la jeu­nesse une de ses prio­ri­tés et c’est dans ce contexte que la « Maison des jeunes » voit le jour, en por­tant en elle les valeurs de l’éducation popu­laire. Elle est Inaugurée le 21 sep­tem­bre 1966 par André Grégoire, Maire de Montreuil, en pré­sence du chan­teur Jean Ferrat. Sa direc­tion est confiée à Jean Guérin, comé­dien et met­teur en scène.

Inauguration Maison populaire - 1966 Inauguration Maison populaire - 1966 Inauguration Maison populaire - 1966
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Inauguration Maison populaire - 1966
Jean Ferrat en concert
Inauguration Maison populaire - 1966 Inauguration Maison populaire - 1966 Inauguration Maison populaire - 1966

À cette époque, coexis­tent dans le MJC des acti­vi­tés théâ­tra­les et de plein air. Certains jours des jeunes vien­nent entre copains écouter des dis­ques, jouer aux cartes, au ping-pong, d’autres récla­ment un ciné-club, un labo photo.
Trois ans plus tard Jean Guérin fonde le Théâtre École de Montreuil rue des Roches. Dès lors la direc­tion de l’asso­cia­tion est confiée à Jean-Pierre Bourguet (plas­ti­cien) de 1969 à 1974. C’est lui qui en 1970 a insuf­flé l’écriture des nou­veaux sta­tuts de l’asso­cia­tion pour la sortir du carcan MJC et lui ouvrir des hori­zons plus larges tout en conser­vant les valeurs ini­tia­les. Dans la foulée il a été decidé de changé l’inti­tulé de MJC en « Maison Populaire Pour la Culture et les Loisirs », inti­tulé devenu immé­dia­te­ment Maison Pop. Il orga­nise le choix d’un nou­veau nom lors d’une assem­blée fes­tive des adhé­rents au cours de laquelle il était inter­dit de contre­dire toute sug­ges­tion. Jean-Pierre Bourguet nous rap­porte dans un de mail " J’avais orga­nisé le choix d’un nou­veau nom lors d’une assem­blée fes­tive des adhé­rents au cours de laquelle il était inter­dit de contre­dire toute sug­ges­tion, la règle était qu’on ne pou­vait inter­ve­nir qui si on pro­po­sait un terme, pas pour contre­dire !!! D’où cette cons­truc­tion finale cumu­la­tive !!! Le vrai nom d’ailleurs était « 2093 Maison popu­laire pour la Culture et les loi­sirs » !!! Un nom qui déclare à lui seul un projet, un pro­gramme, des objec­tifs. J’avais en effet cal­culé début 70 d’après une enquête socio­lo­gi­que faite par nous-mêmes auprès d’échantillons de la popu­la­tion que le poten­tiel de l’équipement était de plus de 2000 adhé­rents à l’hori­zon 2000 ; 93 c’est pour le dépar­te­ment, j’envi­sa­geais en faire un pôle d’attrac­ti­vité pour tout le sud de dépar­te­ment et le sud-est pari­sien.
Les pro­po­si­tions d’acti­vi­tés se mul­ti­plient et l’idée d’ouvrir la struc­ture aux adul­tes est adop­tée. Les « Seventies » voient se déve­lop­per les acti­vi­tés phares de l’époque : émaux, bijoux, séri­gra­phie, photo, dac­tylo, danse folk­lo­ri­que, danse moderne, échecs, gui­tare, anglais, ping-pong et judo trou­vent leurs publics. Ainsi, c’est à partir de 1969 que l’asso­cia­tion s’ouvre véri­ta­ble­ment aux adul­tes. Certainement par la néces­sité de par­ta­ger et d’échanger dans un contexte animé.

En 1974, Francis Gendron prend la direc­tion. Il impulse par une plate-forme la créa­tion d’acti­vi­tés cultu­rel­les à l’inté­rieur et à l’exté­rieur de l’asso­cia­tion à laquelle toute la popu­la­tion est conviée à par­ti­ci­per tout en réaf­fir­mant le carac­tère uni­ver­sel de l’équipement.
Parallèlement les adhé­rents réunis en com­mis­sion réflé­chis­sent ensem­ble sur les mis­sions de l’asso­cia­tion pour reven­di­quer et défen­dre le carac­tère popu­laire de l’éducation. Ainsi l’asso­cia­tion sous le nom de « Maison popu­laire » pour la culture et les loi­sirs prend tout son sens.

Une pro­gram­ma­tion mul­ti­dis­ci­pli­naire est mise en place, avec une place de choix pour la dif­fu­sion ciné­ma­to­gra­phi­que et le Jazz. Ainsi qu’à la culture scien­ti­fi­que et tech­ni­que, par la mise à dis­po­si­tion du public de nou­vel­les tech­no­lo­gies, telles que les outils de la vidéo, les pre­miers Minitel et PC indi­vi­duels qui sont accom­pa­gnées par des expo­si­tions sur Les enjeux de la télé­ma­ti­que (1979). Enfin en 1982 des mani­fes­ta­tions autour des bio­tech­no­lo­gies et de la mani­pu­la­tion géné­ti­que abor­dent la bioé­thi­que, et ce juste avant l’ouver­ture du Musée de la Villette. L’ensem­ble est com­mu­ni­qué par l’édition du jour­nal « Narvalo » (fou en manou­che). Les cri­tè­res qua­li­ta­tifs et quan­ti­ta­tifs des actions, la valeur et le dévoue­ment des adhé­rents, le contact réel avec la popu­la­tion aux moyens de ces mani­fes­ta­tions font le succès gran­dis­sant de l’asso­cia­tion.

En 1986, Annie Agopian suc­cède à la direc­tion de la Maison popu­laire, elle pour­sui­vra les orien­ta­tions déjà mises en place et don­nera une impor­tance de pre­mier ordre aux acti­vi­tés sus­cep­ti­bles de moti­ver la curio­sité, la réflexion et la recher­che. C’est pour­quoi la phi­lo­so­phie, les autres scien­ces humai­nes se déve­lop­pent – psy­cha­na­lyse, géo­po­li­ti­que, socio­lo­gie - ainsi que des lieux publics qui pri­vi­lé­gient la parole et le débat d’idées, il s’agit des cafés lit­té­rai­res, des ate­liers d’écriture et de poésie.

La même année une expo­si­tion sur la bande des­si­née fera appel aux grands noms du sec­teur (des­si­na­teurs et éditeurs), et don­nera lieu à des actions péda­go­gi­ques, notam­ment la ren­contre avec Jean Solé, des­si­na­teur de BD, pour la créa­tion d’un jour­nal et de son illus­tra­tion en direct, d’après les dépê­ches venant en temps réel de l’AFP.
Les acti­vi­tés scien­ti­fi­ques et tech­ni­ques se dyna­mi­sent essen­tiel­le­ment à tra­vers des ate­liers et des expo­si­tions. L’expo­si­tion « Les nou­vel­les Images de syn­thèse » (1986) a permis de mettre à la dis­po­si­tion des publics ces nou­vel­les machi­nes/outils de pro­duc­tion artis­ti­ques, grâce à un tra­vail avec des entre­pri­ses cultu­rel­les du sec­teur et l’INA. Ainsi que de faire un tour d’hori­zon sur la pro­duc­tion ciné­ma­to­gra­phi­que uti­li­sant déjà les images de syn­thèse et de mettre en pers­pec­tive l’avenir et les enjeux cultu­rels et économiques consi­dé­ra­bles du sec­teur.

Le nou­veau logo de la Maison popu­laire est crée en 1987 par Gérard Paris Clavel qui fai­sait parti à l’époque du groupe Grapus ins­tallé à Montreuil. À cette époque nous pré­pa­rions l’expo­si­tion sur le « SON ». Dans ce contexte nous avions le projet de faire une cham­bre d’écoute sonore dont la struc­ture aurait la tête d’une baleine venant pren­dre place au centre de la cours cen­trale de la Maison popu­laire et dont la queue pren­drait nais­sance sur la devan­ture de la Maison popu­laire (qui était un par­king à cette époque) don­nant ainsi l’impres­sion que la baleine était en plon­gée sous le bâti­ment.
Pourquoi la Baleine ? Dans nos recher­ches tout azimut sur le son nous nous étions inté­ressé aux chants des balei­nes. Nous étions déjà pion­nier dans la mise à dis­po­si­tion d’ordi­na­teurs per­son­nels au ser­vice des habi­tants pour les for­ma­tions. Brainstorming aidant, si la Maison popu­laire était un animal etc… nous avons gardé la baleine, certes pour son chant mais aussi pour toutes les his­toi­res mytho­lo­gi­ques liées au ventre de la Baleine. La Maison pop deve­nant un ventre gigan­tes­que avec la mul­ti­tude de ses pro­po­si­tions. Gérard Paris Clavel a fina­le­ment tra­duit cet esprit en don­nant à la baleine des pixels.

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Logo de la Maison populaire

Quant à l’expo­si­tion sur le « Le Son » (1988) elle a permis d’explo­rer les recher­ches condui­tes par l’IRCAM, la pré­sen­ta­tion d’objet depuis la cap­ta­tion à la dif­fu­sion du son, allant du muséal aux nou­veaux outils et logi­ciels non encore grand public. Elle a permis également de décou­vrir de nou­vel­les luthe­ries telles que Structures Sonores Baschet, d’explo­rer le chant dipho­ni­que avec Trân Quang Hai (eth­no­mu­si­co­lo­gue, CNRS- Paris), ou encore des par­cours sono­res ludi­ques et inte­rac­tifs. Au même moment Annick Nozati, comé­dienne et chan­teuse, donne des cours d’impro­vi­sa­tion vocale. Enfin, « Corps/Accord » (1989) a mis en avant les pro­duits issus de tra­vaux de recher­che de nou­veaux maté­riaux et de leurs uti­li­sa­tion dans les engins spor­tifs et d’enga­ger une réflexion autour du han­di­sport avec sa toute jeune Fédération inter­na­tio­nale.

Parallèlement, une intense pro­gram­ma­tion ciné­ma­to­gra­phi­que a lieu de 1986 à 1990 au théâ­tre Marcelin Berthelot, cycles de films thé­ma­ti­ques, films d’actua­lité et du patri­moine, cycles autour de cinéaste, rétros­pec­ti­ves des films primés aux fes­ti­vals de Cannes et de Venise, Make/Remake, du Cinéma expé­ri­men­tal. Tour du monde ciné­ma­to­gra­phi­que… La Maison popu­laire arrête cette pro­gram­ma­tion à l’ouver­ture du Cinéma Georges Méliès. Néanmoins sont déve­lop­pés des ate­liers d’écriture fil­mi­que et d’ana­lyse ciné­ma­to­gra­phi­que, ce qui a permis à cer­tains par­ti­ci­pants de pré­pa­rer le concours d’entrée à la FEMIS avec réus­site.

Un tournant…

La struc­ture com­mence à se sentir étroite dans ses murs, plu­sieurs de ses acti­vi­tés sont déjà extra-muros. En 1989, année de la célé­bra­tion du bicen­te­naire de la Révolution Française, Annie Agopian posera alors la ques­tion « En quoi sommes nous révo­lu­tion­nai­res aujourd’hui ? À quoi aspi­rons-nous et quels sont nos besoins, ici et main­te­nant ? »
C’est la raison pour laquelle les adhé­rents sont invi­tés lors d’une « Assemblée géné­rale extra­or­di­naire des sans culot­tes de la Maison popu­laire » à pren­dre part à la réflexion d’un pro­gramme d’agran­dis­se­ment des bâti­ments pour le regrou­pe­ment de ses actions en un même lieu. Plus de trente per­son­nes s’y attè­lent, de l’écriture du pro­gramme jusqu’à la cou­leur des poi­gnées de portes… Un coup de cha­peau par­ti­cu­lier à Jacqueline Frahier, adhé­rente, qui a animé jusqu’au bout cette com­mis­sion avec une convic­tion remar­qua­ble. La pré­pa­ra­tion de cette Assemblée géné­rale extra­or­di­naire mobi­lise pour sa pré­pa­ra­tion trois grou­pes de tra­vail : théâ­tre, scé­no­gra­phie et cou­ture.
L’ate­lier théâ­tre est conduit par Alexis Chevalier, met­teur en scène et pro­fes­seur de l’ate­lier théâ­tre à la Maison popu­laire. Des adhé­rents de dif­fé­rents ate­liers tra­vaillent sous sa conduite. Leur per­for­mance vient entre couper la séance de l’assem­blée par l’irrup­tion de per­son­na­ges célè­bres de la Révolution fran­çaise qui inter­ro­gent l’assis­tance sur leurs besoins actuels, et les exhor­tent par leur joutes ver­ba­les et com­bats d’épées (par les adhé­rents de l’ate­lier escrime) de pren­dre part au débat. Le groupe de scé­no­gra­phie sous la conduite de Xavier de Richemond, scé­no­gra­phe, et de Michèle Cottin, plas­ti­cienne, confec­tionne les grands cali­cots qui ornent l’espace du centre des expo­si­tions sur la place de la Mairie. Ces cali­cots repré­sen­tent, l’Encyclopédie des Lumières. Enfin l’ate­lier cou­ture sous la conduite de Monique Vergnet a confec­tionné les cos­tu­mes pour le groupe théâ­tre et des patrons de vête­ments pour que chacun puisse confec­tion­ner le sien.
Ce fût un véri­ta­ble moment de grâce où l’habit pour une fois fit le moine, trans­for­mant chacun en un véri­ta­ble acteur et ce durant quatre années jusqu’à la cons­truc­tion du bâti­ment.

depuis …

1995, sous l’impul­sion de la direc­tion, des adhé­rents (plus de 2 400) et du col­lec­tif d’ani­ma­tion, le projet d’agran­dis­se­ment des lieux verra le jour avec en plus la créa­tion d’un sec­teur enfants avec une décli­nai­son d’acti­vi­tés adap­tées. Et d’un Centre d’Art contem­po­rain, Mira Phalaina, dont l’ori­gi­na­lité de la phi­lo­so­phie de pro­gram­ma­tion a été unique en France et a fait École depuis … En effet, il s’agit de garan­tir une grande diver­sité dans les thèmes et le choix des artis­tes expo­sés. Dans ce des­sein, Annie Agopian a fait le choix d’invi­ter chaque année un cura­tor dif­fé­rent qui dis­pose d’une entière auto­no­mie. La diver­sité et l’actua­lité des axes choi­sis carac­té­ri­sent donc cette exi­gence de prise de risque. Parce que chaque mani­fes­ta­tion est le fruit d’une expé­rience sin­gu­lière, d’une recher­che et d’une créa­tion col­lec­tive. Jean-Charles Massera s’inter­ro­geait en 1998 sur les aspi­ra­tions de sa décen­nie, « A quoi rêvent les années 90 ? », thème brû­lant d’actua­lité dans un mil­lé­naire où la quête d’idéaux carac­té­rise bien une jeu­nesse en proie au doute. Yves Brochard invi­tait à réflé­chir en 2005 sur la notion de rap­port au monde, de mise en espace et de regard comme sin­gu­la­rité sin­gu­la­ri­sante en emprun­tant un vers de Mallarmé, « le jeune le vivace et le bel aujourd’hui ». Christophe Gallois en 2008 ques­tionne le para­doxe du « neutre intense », ou com­ment ce qui paraît indif­fé­ren­cié et banal peut se révé­ler d’une force et d’une richesse de sens « inouïes ».

Le Centre d’art déve­loppe paral­lè­le­ment une pro­gram­ma­tion dédiée aux films d’artis­tes et au cinéma expé­ri­men­tal à tra­vers le cycle Sun in your head.
Un retour au sep­tième art avec les cycles de films Résonances qui fut animé par Laurent Aknin et les Écrans phi­lo­so­phi­ques, une col­la­bo­ra­tion qui se pour­suit depuis 2002 avec le Cinéma Méliès et le Collège International de Philosophie.

Cycles de cinéma accom­pa­gnés depuis 2004 par le sémi­naire Ce qui force à penser, une invi­ta­tion pour penser ensem­ble, avec la com­pli­cité de phi­lo­so­phes, de psy­cha­na­lys­tes, de socio­lo­gues, d’his­to­riens, de scien­ti­fi­ques et des per­son­na­li­tés du monde des arts plas­ti­ques.

d’un anniversaire à l’autre

En 1997-1998 la Maison Populaire célè­bre ses 30 ans et orga­nise à ce titre trois mani­fes­ta­tions artis­ti­ques mémo­ra­bles : deux rési­den­ces et une pro­gram­ma­tion ciné­ma­to­gra­phi­que qui réaf­fir­ment les objec­tifs qui sont les siens, éducation per­ma­nente et accès à la culture pour tous. Réaffirmer ces prio­ri­tés pour rap­pe­ler au citoyen son rôle d’acteur poli­ti­que dans la cité, à tra­vers des expé­rien­ces artis­ti­ques col­lec­ti­ves qui sus­ci­tent ouver­ture à l’alté­rité et donc ras­sem­ble­ment. Le cycle Citoyen-Spectateur, en col­la­bo­ra­tion avec Vincent Glenn, aborde l’action col­lec­tive, les muta­tions de sa forme clas­si­que – grèves, syn­di­cats - depuis la géné­ra­tion 1968, les pos­si­bi­li­tés de son renou­vel­le­ment, et incite le spec­ta­teur à pren­dre cons­cience de son (contre-) pou­voir s’il agit dans un col­lec­tif ras­sem­blé. Le com­po­si­teur Nicolas Frize est invité pour créer une œuvre musi­cale avec les mon­treuillois, qui aura pour nom, Révolution, je t’aime, titre pour le moins signi­fi­ca­tif de l’enga­ge­ment de l’auteur qui entend révé­ler la dimen­sion « popu­laire » de la musi­que, révé­ler la « partie sen­si­ble des gens ». Enfin, la Maison Populaire accueille en rési­dence Armand Gatti pour « Le pre­mier voyage en langue Maya » rend hom­mage au poète gua­té­mal­tè­que Otto René Castillo, célè­bre la prise de parole, l’effort que se donne l’art pour réveiller les cons­cien­ces poli­ti­ques, pour faire avec le verbe ce que les hommes font avec les armes, en somme le but que se donne la Maison Populaire depuis sa créa­tion : « cons­cien­ti­ser » tout un chacun.

Dés 1999 elle s’inter­roge sur Les images du futur en orga­ni­sant une ren­contre au théâ­tre Berthelot.

En 2001, dans le cadre de la créa­tion des ECM, Espace Culture Multimédia, la Maison Populaire obtient ce label et déve­loppe des actions de sen­si­bi­li­sa­tion, de for­ma­tion et de créa­tion pour tous les publics, dans l’uti­li­sa­tion des tech­no­lo­gies de l’infor­ma­tion et de la com­mu­ni­ca­tion à la fois comme outils d’accès à la culture et au savoir et comme outils d’expres­sion et de créa­tion. L’objec­tif étant d’impul­ser les ini­tia­ti­ves de pro­jets per­son­nels ou col­lec­tifs. Les acti­vi­tés sont très diver­si­fiées : ate­liers d’expres­sions, actions péda­go­gi­ques auprès des jeunes publics, rési­den­ces de créa­tion, accom­pa­gne­ment de pro­jets artis­ti­ques, actions de dif­fu­sion, accès libre à Internet. Qu’ils soient de nou­veaux talents ou de renom­mée inter­na­tio­nale, de nom­breux artis­tes vien­nent y par­ta­ger leur recher­che et leur démar­che : Carl Y, Magali Desbazeille, Atau Tanaka, Cécile Babiole, Jean-Pierre Balpe, Marika Dermineur, Michaël Sellam, RyBN, Wolf Ka, Orlan…

L’asso­cia­tion donne une impor­tance par­ti­cu­lière aux rela­tions avec le public et crée des postes de « média­teurs » qui, dans le cadre du centre d’art, pren­nent en charge la conduite des expo­si­tions, les rela­tions avec les écoles, la pré­sen­ta­tion des actions et, dans le cadre de l’espace culture mul­ti­mé­dia, l’accom­pa­gne­ment des publics au sein de l’accès libre à Internet.

Annie Agopian, impulse dans ce cadre des ren­contres sur des sujets socié­taux, telles que « La place de l’être humain dans les espa­ces vir­tuels » avec Jean-Marc Manach, pion­nier du data­jour­na­lisme et « L’art numé­ri­que au fémi­nin », en invi­tant Orlan, artiste mul­ti­mé­dia, Christine Buci-Glucksman phi­lo­so­phe et Nathalie Magnan, vidéaste et cyber­fé­mi­niste.

Elles orga­nise en 2007 un sémi­naire avec de nom­breu­ses ren­contres et pro­jec­tions de films autour des ques­tions de Genres et des Normes, en invi­tant des acti­vis­tes et hac­ti­vis­tes, des uni­ver­si­tai­res, des phi­lo­so­phes des psy­cha­na­lys­tes, des juris­tes invité(e)s à débat­tre sur les sujets allant de Origine et puis­sance des normes, genres ; Sexualités et théo­ries fémi­nis­tes ; Théories queer ; Monde médi­cal et cons­truc­tion des normes ; Genres et pari­té
 en milieu de tra­vail ; Sexisme, racis­me
et colo­nia­lisme ; Les formes de résis­tan­ces aux normes ici et ailleurs ; Genres, sexua­li­tés et repro­duc­tion. Ces ren­contres enre­gis­trées sont dis­po­ni­bles sur notre site.

Dans le domaine musi­cal, la Maison popu­laire mène depuis 1997 dans sa salle l’Argo’notes une pro­gram­ma­tion de nou­vel­les chan­sons fran­çai­ses. Une pro­gram­ma­tion régu­lière d’artis­tes en décou­verte.
À raison d’un concert par mois, de nom­breux artis­tes de toutes ori­gi­nes, aujourd’hui reconnus du grand public et où ont fait leurs pre­miè­res expé­rien­ces sur cette scène : Kamilya Jubran, Camille, Vincent Delerm, Lojo’Triban, Général Alcazar

L’ori­gi­na­lité, la qua­lité et la per­ti­nence artis­ti­ques sont les prin­ci­paux cri­tè­res de cette pro­gram­ma­tion. Les concerts sont orga­ni­sés en dou­bles pla­teaux qui ras­sem­blent des artis­tes autour de thèmes liés à un pays, un ins­tru­ment, un uni­vers musi­cal.
Cette pro­gram­ma­tion s’arti­cule plus glo­ba­le­ment au niveau muni­ci­pal en com­plé­men­ta­rité avec les autres lieux de dif­fu­sion de la ville.
La Maison popu­laire avait été à l’ini­tia­tive de la créa­tion du pro­gramme musi­cal « Silence » réu­nis­sant dans une même pla­quette toute la pro­gram­ma­tion musi­cale de la ville réa­li­sée par l’ensem­ble des par­te­nai­res. Cette édition du pro­gramme cha­leu­reu­se­ment accueilli par le public n’a mal­heu­reu­se­ment pu être pour­sui­vie pour des rai­sons bud­gé­tai­res...

L’Argo’notes devient au fil des ans un lieu reconnu pour la qua­lité de son accueil et de sa dif­fu­sion d’artis­tes en décou­ver­tes. Comme un lieu d’écoute, d’émotion et de proxi­mité pour le public et les pro­fes­sion­nels du réseau.

En 2003, c’est à la Maison popu­laire que siège du « Pôle res­sour­ces musi­ques et danses du monde de la Seine-Saint-Denis », qui est la struc­ture qui com­mu­ni­que avec l’ensem­ble des acteurs liés aux musi­ques du monde sur le dépar­te­ment. La Maison Populaire est ainsi la « tête du réseau », elle s’est enga­gée auprès du Conseil géné­ral pour assu­mer cette mis­sion, le Pôle, recueille et dif­fuse les infor­ma­tions ; celui qui permet aux acteurs de se ren­contrer pour sti­mule la dif­fu­sion des musi­ques du monde, encou­ra­ger et per­met­tre aux jeunes talents de s’expri­mer sur les scènes dépar­te­men­tale et régio­nale. Enfin pour favo­ri­ser les pra­ti­ques ama­teurs et la trans­mis­sion des cultu­res par l’ensei­gne­ment de pro­fes­sion­nels.

À l’occa­sion de la célé­bra­tion des soixante-dix ans du Front popu­laire en 2006, la Maison popu­laire met en place une rési­dence avec la com­pa­gnie Lutherie Urbaine, Jean Louis Mechali, les Urbs, Bebson de la rue (rap­peur de Kinshasa) et l’ate­lier slam, de 93 Slam Caravane pour la créa­tion du spec­ta­cle Il était temps… ! avec une ving­taine d’adhé­rents « musi­ciens » et « sla­meurs » de la Maison popu­laire. Cette créa­tion fut jouée le soir du 31 décem­bre au Théâtre Berthelot devant plus de 250 spec­ta­teurs.

Rayonnement dépar­te­men­tal du sec­teur musi­cal à tra­vers le réseau musi­ques et danses du monde et à tra­vers le MAAD, Musiques actuel­les / ampli­fiées en déve­lop­pe­ment en Seine-Saint-Denis, ce par­te­na­riat donne lieu à une mobi­li­sa­tion active autour de la dif­fu­sion de jeunes talents du dépar­te­ment : concerts, accom­pa­gne­ment de grou­pes.

Rayonnement natio­nal, l’ECM de la Maison popu­laire agit dans le cadre de la Fédération natio­nale des acteurs « culture et mul­ti­mé­dia ». « Passages », une ins­tal­la­tion inte­rac­tive de Joëlle Bitton pré­sen­tée à la Maison popu­laire en mai 2007 a permis de relier de manière intime des per­son­nes dans dif­fé­ren­tes villes, Inverness et Montreuil entre autres, par l’inter­mé­diaire du réseau.
Rayonnement natio­nal et euro­péen, le centre d’art Mira Phalaina par­ti­cipe à TRAM, réseau art contem­po­rain Paris / île de France, le but étant de tra­vailler en com­plé­men­ta­rité et de valo­ri­ser la pro­duc­tion artis­ti­que de la région. Rendre les villes com­plé­men­tai­res et faire connaî­tre les cen­tres d’art d’île de France. Le sym­bole est le « taxi tram » qui pro­pose sur une jour­née une visite de dif­fé­rents cen­tres d’art de la région.
L’ancrage dans de nom­breux réseaux et de par­te­na­riats conduit l’action de la Maison Populaire à dépas­ser le cadre stric­te­ment local, pour s’ins­crire dans une pers­pec­tive dépar­te­men­tale, régio­nale, natio­nale et euro­péenne.

Elle fête ses 40 ans en 2009… avec trois ans de retard
À cette occa­sion, Annie Agopian pro­gramme trois spec­ta­cles ou le mul­ti­mé­dia à un rôle majeur dans la scé­no­gra­phie et la dra­ma­tur­gie des spec­ta­cles, en invi­tant ces adhé­rents et le grand public à décou­vrir la nou­velle scène contem­po­raine avec des créa­tions jouées pour la pre­mière fois en région pari­sienne.
« & » , un spec­ta­cle de Câble et d’Épée, conçu réa­lisé et joué par Halory Goerger et Antoine Defoort, pré­senté au Théâtre Berthelot.
« KIWI » , un spec­ta­cle de Théâtre (Caméras « Nightshot » sur pla­teau, ges­tion vidéo live, son). Conception, texte et mise en scène Daniel Danis, pré­senté à la salle Maria Casarès du Nouveau Théâtre de Montreuil.
« De deux points de vue » , un spec­ta­cle de Danse (vidéo live, son live, inte­rac­ti­vité). Écriture scé­ni­que et cho­ré­gra­phie Michèle Noiret, CCN/Ballet de Lorraine, avec les dan­seurs Christophe Béranger et Florence Viennot, pré­senté au Nouveau Théâtre de Montreuil.
Nous remer­cions le Théâtre Berthelot et le Nouveau Théâtre de Montreuil pour leurs accueils et le grand public qui a été au rendez-vous.

Conduire à l’émancipation …

La diver­si­fi­ca­tion des formes de créa­tion, l’impli­ca­tion des adhé­rents, des habi­tants dans les pro­ces­sus de créa­tion et de dif­fu­sion repré­sen­tent désor­mais l’axe majeur du projet de la Maison Populaire, où nous dit Annie Agopian : « L’art est une tur­bu­lence, un éveilleur qui met en branle la pensée ». Lire à ce sujet en bas de page son entre­tien dans la Revue L’obser­va­toire N°40, propos recueillis par Françoise Liot, Maitre de confé­rence en socio­lo­gie, Université de Montaigne Bordeaux III.

Il appa­raît donc néces­saire pour la Maison Populaire de s’agran­dir à l’image des res­pon­sa­bi­li­tés crois­san­tes qui dépas­sent les poten­tia­li­tés de sa struc­ture actuelle. La démul­ti­pli­ca­tion des acti­vi­tés, le rayon­ne­ment des par­te­na­riats pré­sents et à venir et le rôle indis­pen­sa­ble de la Maison Populaire dans la vie des Montreuillois ren­dent néces­saire l’agran­dis­se­ment des lieux de tra­vail afin d’accueillir et de conti­nuer d’expé­ri­men­ter des pos­si­bles.
La Maison Populaire se donne de nou­vel­les direc­ti­ves et parmi elles, le projet de contrac­ter de nou­veaux par­te­na­riats au niveau euro­péen. Parce que l’Union Européenne cons­ti­tue à la fois un cadre d’exi­gen­ces qui for­cent les réseaux à s’élargir et en même temps une mine de riches­ses pour la culture, le rayon­ne­ment euro­péen devient une néces­sité car il permet par l’ouver­ture à l’alté­rité, aux autres cultu­res et aux autres agents, de démul­ti­plier les poten­tia­li­tés de créa­tion.

À ce jour le projet d’agran­dis­se­ment n’a pu voir le jour... mais les actions conti­nuent coûte que coûte en ces temps trou­blés... et nous rêvons déjà à de nou­veaux pro­jets...

Elle fête ses 50 ans en 2016

L’année 2016 étant placée sous l’égide du 50e anni­ver­saire de notre asso­cia­tion, nous avons sou­haité que ce moment puisse rendre compte de la vita­lité de la Maison popu­laire dans le faire ensem­ble, être une force invi­tante et de placer l’hos­pi­ta­lité avant toute chose !

En pro­po­sant une action qui pui­sent impli­quer les adhé­rents et les Montreuillois de manière fes­tive et par­ti­ci­pa­tive, afin de pou­voir mon­trer l’actua­lité et la péren­nité de la Maison popu­laire dans cette démar­che de longue date qu’est l’Éducation popu­laire.
L’idée d’un grand bal popu­laire fut adop­tée à l’una­ni­mité lors de l’Assemblée géné­rale en 2015 avec la par­ti­cu­la­rité d’y asso­cier les talents des adhé­rents du sec­teur musi­cale.

C’est ainsi que dès le mois de mai une pre­mière réu­nion de tra­vail s’est tenu avec les pro­fes­seurs les plus moti­vés du sec­teur musi­cal pour cons­truire et par­ti­ci­per à l’aven­ture de la créa­tion du Pop’Orchestre. Cela a permis de donner corps au projet en ouvrant la dis­cus­sion et l’échange sur les ques­tions incontour­na­bles de fond, de fina­li­tés, de forme, d’orga­ni­sa­tion péda­go­gi­ques, maté­riel et de com­mu­ni­ca­tion et d’y appor­ter au fur et à mesure coûte que coûte les solu­tions.

Il fut décidé de faire une jour­née de « Découverte des talents », où plus de 90 per­son­nes se sont pré­sen­tées auprès des sept pro­fes­seurs enca­drant les mas­ters class. De là l’aven­ture du Pop’orches­tre est parti !. Composé par des musi­ciens et chan­teurs enga­gés dans une pra­ti­que ama­teur dans notre asso­cia­tion, qui se sont inves­tis durant plus de cinq mois tous les diman­ches pour répé­ter ensem­ble dans des master class enca­drées par des pro­fes­sion­nels.
Plus de 1000 per­son­nes se sont retrouvé au Grand bal Populaire le Samedi 13 février 2016 à la salle des fête de la Mairie de Montreuil pour danser quatre heures durant sur les musi­ques effré­nées du Pop’orches­tre.
Les musi­ciens du Pop’Orchestre gal­va­ni­sés par la foule ont donné a leur tour le tour­nis aux par­ti­ci­pants, le par­quet de la salle des fêtes s’en sou­vient encore… il en reste des images et la péren­ni­sa­tion du Pop’orches­tre sous forme d’ate­lier heb­do­ma­daire.

Nous remer­cions les trente béné­vo­les qui sont venus prêter main forte à l’équipe grâce à qui cette soirée fut une belle réus­site, ainsi qu’à la Municipalité pour la mise à dis­po­si­tion de la salle des fêtes, de son accom­pa­gne­ment dans l’orga­ni­sa­tion logis­ti­que de cette soirée et de son sou­tient sur le plan de la com­mu­ni­ca­tion de l’événement .

L’aventure continue ...

Après avoir œuvré trente-huit ans à la Maison popu­laire Annie Agopian prend une retraite bien méri­tée fin février 2019. À l’occa­sion de son pot de départ elle fait son allo­cu­tion devant une belle assem­blée, réu­nis­sant des adhé­rents et des sala­riés de l’asso­cia­tion, des col­lè­gues de la ville de Montreuil, des mem­bres des réseaux d’art contem­po­rain d’Île-de-France et des Musiques Actuelles Amplifiées en Développement, des mem­bres du Collège Internationale de Philosophie, des artis­tes et des per­son­na­li­tés de divers hori­zons et d’amis.
À l’issu de son l’allo­cu­tion, Patrice Bessac, Maire de Montreuil, lui remet la médaille de la ville et une créa­tion de Céline Wright. À son tour Serge Anceau, membre du conseil d’admi­nis­tra­tion de la Maison popu­laire, lui rend un belle hom­mage.
La soirée se pour­suit en musi­que avec l’orches­tre Jazz Band de la Maison pop.

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Pot de départ en "jubilation" d’Annie Agopian©Véronique Guillien

A l’issue d’un pas­sa­tion en février, Annie Agopian invite la nou­velle direc­trice, Pauline Gacon, d’écrire un nou­veau cha­pi­tre de l’his­toire de la Maison popu­laire et lui adresse ses vœux de succès dans sa nou­velle fonc­tion qu’elle occu­pera au 1er Mars 2019.

Informations

Historique commencé en avril 2008 par Chouchane Djergaian, stagiaire, grâce aux documents et aux propos recueillis auprès de Jacqueline Pezzotta, coordinatrice du secteur enfant et mémoire vivante de la structure depuis 1966, à la retraite depuis juillet 2010.

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