Écrans philosophiques

Il reste des images ?

mardi 11 mars 2014 à 20h30

présentation suivie d’une discussion avec la salle, Cinéma Le Trianon à Romainville

Film : Holy Motors de Leos Carax, (France-Allemagne, 2012, 1 h 55) avec Denis Lavant, Edith Scob, Eva Mendes.

présenté par Emmanuel Burdeau, critique de cinéma, collaborateur à Médiapart et à Trafic, programmateur du Festival International du film de la Roche-sur-Yon.

« Il reste des images ? ». C’est la question que pose Monsieur Oscar (Denis Lavant) à celle qui conduit sa limousine, Céline (Edith Scob), lorsqu’elle évoque le temps passé où elle était danseuse. La réponse est laconique : « Je ne crois pas ». Un monde où le cinéma, le jeu, la métamorphose seraient partout mais les images nulle part, peut-être disparues à jamais, perdues, envolées, c’est bien ce qu’imagine Léos Carax avec Holy Motors.
Monsieur Oscar est un acteur d’un nouveau genre, passant d’une identité, d’un rôle à un autre — vieillard, guerrier, homme d’affaires, mendiant… — avec la plus grande facilité, mais sans qu’il y ait jamais autour de lui une caméra pour enregistrer sa performance. Il joue sans cesse, mais sans cesse il est seul. L’homme en conçoit logiquement une certaine lassitude, une nostalgie. « Je regrette les caméras », confie-t-il à celui qui semble son chef (interprété par Michel Piccoli).

La question de Carax, la nôtre pour cette séance, se formule alors ainsi : qu’est-ce que serait cette aberration d’un cinéma sans images ni caméra ? D’un cinéma permanent, mais sans personne pour le faire ni, a fortiori, le voir ? D’un cinéma devenu si omniprésent, si mélangé à la matière même de la vie que rien ne le distingue ni ne le signale plus ? Une telle chose est-elle concevable, théoriquement et pratiquement ? Si oui, est-ce bien en effet ce qui nous arrive aujourd’hui, avec le numérique et les caméras miniatures ? ou bien est-ce juste un rêve né de la mélancolie caraxienne ? »
Emmanuel Burdeau

Prochaines séances

 mercredi 9 avril à 20h30 > Cinéma Le Méliès
« La puissante identité du témoin et la personne en tant que visage ou image »
Le testament du Dr Mabuse de Fritz Lang (Allemagne, 1933, 2 h)
présenté par Safaa Fathy, directrice de programme CIPh.

 mercredi 30 avril à 20 h > Cinéma L’Ecran
« L’éthique comme forme cinématographique »
Une séparation de Asghar Farhadi (Iran, 2011, 2h03)
présenté par Anoush Ganjipour, directeur de programme CIPh.

 mardi 6 mai à 20h30 > Cinéma Le Trianon
« Une Religieuse à l’aube du XXIe siècle. Diderot, le cinéma et la laïcité »
La Religieuse de Guillaume Nicloux (France, Allemagne, Belgique, 2013, 1 h 47)
présenté par Paolo Quintili, directeur de programme CIPh.

 mercredi 14 mai à 20h30 > Cinéma Le Méliès
« Lulù ou de l’émancipation : naissance et échecs d’une conscience politique »
La Classe ouvrière va au paradis d’Elio Petri (Italie, 1972, 2 h 05)
présenté par Luca Paltrinieri, directeur de programme CIPh.

Informations

Au Cinéma Le Trianon
Place Carnot - 93230 Romainville
Tél. 01 83 74 56 00
M° Mairie des Lilas » (ligne11) puis Bus 129, 318, 322, 105 « Place Carnot »

Le prix de la séance, conférence comprise :
 Plein tarif, 6 euros
 Tarif réduit, 4 euros ( moins de 26 ans, allocataires des minima sociaux, demandeurs d’emploi, retraités, porteurs d’un handicap (1 place gratuite pour un accompagnateur), familles nombreuses et groupes (plus de 10 personnes, sur réservation)
 Tarif abonnés, 5 euros 



Le cycle des Écrans philosophiques est conçu par la Maison populaire et organisé avec le Collège international de philosophie en collaboration avec trois salles de Cinéma du département de la Seine-Saint-Denis, Le Méliès (Montreuil), L’Ecran (Saint-Denis), Le Trianon (Romainville).

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