Séminaire

Les formes de résistances aux normes ici et ailleurs

mercredi 26 mars 2008 à 20 h

conférence et débat

en présence de Antonella Corsani (économiste), Jules Falquet (maîtresse de conférences en sociologie à l’université Paris 7, responsable du CEDREF et membre du CSPRP) et Nathalie Magnan (vidéaste et cyberféministe).

modération par Vincent He-Say

La lesbienne et l’intermittent : déconstruction des normes et déplacement de l’ordre binaire

par Antonella Corsani,
Formes de résistance aux normes. Pour aborder ce thème j’emprunterai un petit chemin de traverse aussi étonnant que celui qui relie deux figures : celle de la lesbienne et celle de l’intermittent.
« Lesbienne – écrivait Monique Wittig – est le seul concept que je connaisse qui soit au-delà des catégories de sexe (femme et homme) parce que le sujet désigné (lesbienne) n’est pas une femme, ni économiquement, ni politiquement, ni idéologiquement ».
Parfois au chômage, parfois en emploi, ni salarié ni entrepreneur de soi, l’intermittent est, quant à lui, cette figure d’un déplacement possible des logiques binaires (actif/inactif, chômage/emploi) qui nous dominent et structurent nos vies.
Je saisirai dans ces deux figures leur pouvoir de déconstruction des normes et les perspectives qu’elles ouvrent pour l’action politique.

 dernières publications d’Antonella Corsani :

  • « What We Defend, We Defend For Everyone ». Traces of History in Motion, Tranversal, juin 2007.
  • Narrations Postcoloniales, Coordination du numéro et Introduction (en collaboration avec Christophe Degoutin, François Matheron, Giovanna Zapperi) Multitudes, n.29, 2007.
  • Défendre le régime de l’intermittence...pour tous, Mouvements, mars 2007, revue on line : http://www.mouvements.asso.fr/spip.php?article23.
  • Quelles sont les conditions nécessaires pour l’émergence de multiples récits du monde ?
  • Penser le revenu garanti à travers l’histoire des luttes des femmes et de la théorie féministe, Multitudes n. 27, 2007.
  • The makers of culture in discontinuous employment, contribution à l’ouvrage collectif Producta50 An introduction to some of the relations between culture and the economy , 2007, Yproductions Eds., pp 46-62.
  • Beyond the Myth of Woman : The Becoming-Transfeminist of (Post-)Marxism, SubStance, n.112, avril 2007.
  • Questions ouvertes sur le revenu garanti. Bioéconomie, biopolitique et biorevenu, Coordination du numéro et Introduction, Multitudes, n.27, 2007.

Résistance à l’hétérosexualité obligatoire, au racisme et au capitalisme : expériences lesbiennes féministes en Amérique latine et aux Caraïbes

par Jules Falquet

À travers la présentation de plusieurs expériences et projets lesbiens-féministes d’Amérique latine et des Caraïbes, notamment la 6ème rencontre continentale lesbienne-féministe de février 2007 au Chili et le projet internationaliste Brecha Lésbica, on réfléchira sur les résistances radicales à ce monde.
En effet, ailleurs comme ici, toutes les lesbiennes sont opprimées pour leurs pratiques sexuelles et sociales. Mais certaines sont plus ou moins privilégiées (blanches, de classe moyenne, urbaines, jeunes et en bonne santé, et en situation « légale » sur le territoire où elles vivent et luttent), beaucoup se contentent de vivre « cachées » ou de tenter de se couler dans le moule dominant, autour de revendications d’intégration à la société (droit de se marier, d’avoir des enfants et de vivre en couple-famille stable, d’avoir des chaînes de télé « identitaires », de suivre la mode et les canons de « beauté » dominants). Cependant, elles ne constituent pas l’ensemble des lesbiennes.
Depuis toujours, du Sud au Nord, il existe aussi de nombreuses lesbiennes noires, indiennes, racisées, migrantes et non-privilégiées, ainsi que des lesbiennes partiellement privilégiées et néanmoins critiques, qui cherchent à construire un mouvement et une réflexion lesbien-ne féministe radical-e au sens le plus large. Ce qu’elles veulent ? Changer ce monde invivable pour (presque) tout le monde, en remettant en question l’institution politique de l’hétérosexualité, mais aussi les rapports capitalistes, racistes, et les tendances consuméristes et intégrationnistes.

 dernières publications de Jules Falquet :

  • Hommes en armes et femmes « de service » : tendances néolibérales dans l’évolution de la division sexuelle et internationale du travail, Cahiers du Genre, Travail et mondialisation. Confrontations Nord/Sud, 2006, n° 40, pp 15-38.
  • « Introduction ». (Ré)articulation des rapports sociaux de sexe, classe et « race ». Repères historiques et contemporains, avec Emmanuelle Lada et Aude Rabaud. Cahiers du CEDREF. Paris : Université Paris-Diderot. Pp 7-29, 2006.
  • Le Combahee River Collective, pionnier du féminisme Noir. Contextualisation d’une pensée radicale, avecE mmanuelle Lada, Aude Rabaud. In (Ré)articulation des rapports sociaux de sexe, classe et “race”. Repères historiques et contemporains, Cahiers du CEDREF. Paris : Université Paris-Diderot. Pp 69-104, 2006.
  • Le couple, « ce douloureux problème ». Vers une analyse matérialiste des arrangements amoureux entre lesbiennes. Actes du 5ème colloque international d’études lesbiennes « Tout sur l’amour (sinon rien) », Toulouse : Bagdam Espace Lesbien. Pp 17-38, 2006.
  • Trois questions aux mouvements sociaux « progressistes ». Apports de la théorie féministe à l’analyse des mouvements sociaux. Nouvelles Questions Féministes, Vol. 24, n°3-2005. pp 18-35, 2005.
  • Femmes, féminisme et « développement » : une analyse critique des politiques des institutions internationales. Sous la direction de Jeanne Bisilliat. Regards de femmes sur la globalisation. Approches critiques. Paris : Karthala. Pp 75-112, 2003.

Code et normes, sur second life aussi le genre se négocie

par Nathalie Magnan

« Le code c’est la loi » disait Lawrense Lessig. Les environnements virtuels, dont le dernier en date est Second Life, sont peuplés d’avatars qui reprennent les genres dominants dans la culture occidentale, ce qui, sur ce lieu de drague, se résume, à quelques exceptions près, à l’esthétique des media people. Une esthétique très normée et conservatrice. Alors que, ces mondes étant entièrement construits, à partir d’un code, tout devrait y être a priori possible.

Comment se manifestent les violences dans un monde sans corps ? le viol y est il possible ? quels sont les mécanismes de contrôle spécifiques à cet environement ?

Depuis que les environnements communautaires en ligne existent, les questions de gouvernance sont récurrentes : Qui est décisionnaire ? qui fait la loi ? qui écrit les scripts ? notamment ceux qui déterminent le genre ?

Les environnements virtuels peuvent être un espace utopique et/ou un enfermement. L’histoire de ces espaces est riche en enseignements pour l’élaboration de nouvelles communautés, dont on nous dit qu’elles seront notre mode de socialité future.

 dernières publications de Nathalie Magnan :

  • Ce genre de gouvernance dans Second Life un monde possible, Agnes de Cailleux ed. Des petits matins, octobre 2007.
  • Donna Haraway, Manifeste cyborg et autre essais, science-fiction-féminisme, Laurence Allard, Delphine Gardey, Nathalie Magnan eds. Exils, octobre 2007.

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