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Sun in Your Head

Séance Queer Black Art : Marlon Riggs, Howardena Pindell, Wapinduzi Productions

vendredi 8 février 2008 à 20 h 30
projections suivies d’une discussion

« Le racisme, comme le sexisme, est une patho­lo­gie avant tout visuelle : il s’accorde sur les dif­fé­ren­ces que l’on per­çoit des appa­ren­ces et non sur les dif­fé­ren­ces d’ascen­dance géné­ti­que. L’art est avant tout un medium visuel. Ainsi l’art poli­ti­que devrait sem­bler avoir le poten­tiel pour four­nir un puis­sant anti­dote au racisme... » Adrian Pipper (citée par Elvan Zabunyan in Black is a color)

Les artis­tes afri­cains-amé­ri­cains qui s’ins­cri­vent, aux États-Unis, depuis les années 60, au sein de l’art fémi­niste et les années 90, depuis un art queer, se sont affron­tés aux oppres­sions ins­cri­tes jusque dans leurs corps et leurs peaux. Les arts visuels se sont fait le lieu pri­vi­lé­gié d’un tel tra­vail cri­ti­que. Par l’élaboration poé­ti­que et poli­ti­que d’une culture plas­ti­que ren­dant compte de l’expé­rience noire et celle de sujets sexuels abjec­tés, vidéos acti­vis­tes et vidéos d’artis­tes ont relevé la gageure de l’inven­tion d’uto­pies et d’auto­no­mies iden­ti­tai­res.

Tongues Untied, Marlon Riggs (sous réserve)
(55’, 1990)

« Des hommes noirs aimant des hommes est l’acte révo­lu­tion­naire », est-il dit dans « Tongues untied » (Langues déliées), réa­lisé en 1990 par le cinéaste, ensei­gnant, acti­viste, et poète afro-amé­ri­cain Marlon Riggs mort du SIDA en 1994. Dans ce film d’artiste où il est ques­tion de l’appar­te­nance à l’iden­tité noire et à l’iden­tité gaie et de la dif­fi­culté de se repré­sen­ter dans une expé­rience qui est pensée comme contra­dic­toire. Se fai­sant la cham­bre d’échos de récits sin­gu­liers d’hommes noirs en butte de sur­croit au mépris homo­phobe de la com­mu­nauté noire et au déni de toute reconnais­sance des noirs dans la com­mu­nauté gaie cali­for­nienne, les per­son­na­ges de Tongues Untied se trou­vent tous exilés d’eux-mêmes.
_Il est encore ques­tion, dans ce film à la beauté incan­ta­toire, du silence, arme mor­ti­fère, de la colère non expri­mée, de cette huma­nité dont l’injure cher­che à déchoir, et de la mort sociale qu’engen­drent le racisme et l’homo­pho­bie de la société amé­ri­caine. Une des voix du film, dit ainsi : « J’étais un homme invi­si­ble, je n’avais ni ombre, ni sub­stance, ni place, ni his­toire, ni reflet ». _Les récits qui s’entre­croi­sent, entre­mê­lés à des poèmes d’Essex Hemphill, Steve Langley, Alan Miller, des chan­sons de Nina Simone ou de Roberta Flack, de per­for­man­ces rap issues des sub­cultu­res des ball­rooms et du voguing, s’affran­chis­sent du mutisme, tis­sant une com­mu­nauté d’expé­rience et une com­mu­nauté d’action.

Free, White and 21 Howardena Pindell (1980, 12’)

Née en 1943, pein­tre concep­tuelle d’ori­gine afro-amé­ri­caine, Howardena Pindell est amenée à s’inter­ro­ger sur la condi­tion des femmes et le colo­nia­lisme au tra­vers de la vidéo. « En tant qu’artiste noire, le pre­mier effet que vous res­sen­tez quand vous entrez dans une gale­rie a encore à voir avec la cou­leur de votre peau. Vous n’êtes pas d’abord vu(e) comme un(e) artiste mais comme une entité poli­ti­que. » dit-elle en 1980. Free, White and 21, vidéo en forme d’auto­por­trait, relate les expé­rien­ces de l’artiste, cri­ti­quant les fémi­nis­tes blan­ches et le racisme régnant dans le monde de l’art.

Via New Work de Kagendo Murungi (Wapinduzi Productions) (1995, 10’)

Via NewYork explore la poli­ti­sa­tion des étudiants Africains à New York et la par­ti­ci­pa­tion des les­bien­nes et gays sud-afri­cains dans les luttes contre l’apar­theid, et cons­ti­tue ainsi un ins­tan­tané des vies les­bien­nes et gaies afri­cai­nes au tra­vers de l’angle de la migra­tion et de la pour­suite des études uni­ver­si­tai­res, expé­rien­ces qui cata­ly­sent toutes deux trans­for­ma­tion de soi et chan­ge­ment social.
_Wapinduzi Productions est une base afri­caine mul­ti­mé­dia, trans­lo­cale et indi­gène pour la créa­tion indé­pen­dante et la dis­tri­bu­tion de vidéos fémi­nis­tes et LGBTST « de cou­leurs » autour du monde.

Informations

Une collaboration avec l’association Le peuple qui manque

À la Maison populaire
Accès libre, dans la limite des places disponibles.

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