Résidence curatoriale 2023

Simona Dvorák et Tadeo Kohan – Actes de langage

De janvier à décembre 2023

RÉSIDENCE

En 2023, la Maison pop accueille le cycle curatorial Actes de langage proposé par Simona Dvorák et Tadeo Kohan. Conçu en trois volets, le projet propose d’explorer le langage comme une matière agissante, impactant le réel, les vécus et leurs représentations. L’actualité du langage politico-médiatique et l’observation de l’histoire nous poussent à envisager la puissance de la parole publique sous ce prisme. En effet, la question du langage est cruciale au sein de la performativité des pouvoirs, des discriminations et des luttes.
Catherine Radosa est l’artiste invitée de leur résidence.

BIOGRAPHIE

Simona Dvorák est une curatrice et historienne de l’art interdépendante basée à Paris. Elle développe des projets dans des territoires tels que l’Île-de-France, la République Tchèque et les Balkans occidentaux. Dans sa pratique, elle emploie des formats performatifs, sonores/radiophoniques et vidéo, spécifiques au contexte territorial et temporaire avec la valorisation du travail collectif à long terme. Elle étudie la manière dont nous pouvons créer des espaces de "commons" (infos partagées en libre accès, sans copyright) dans la sphère culturelle, notamment en tant que curatrice pour l’Initiative for Practices and Visions of Radical Care (fondée par Nataša Petrešin-Bachelez et Elena Sorokina). Elle souligne l’importance des "processus de l’exposition" qui repensent les relations entre les espèces, permettent le partage et la génération de savoirs qui anticipent les futurs possibles ; antisexistes, antiracistes, inclusifs. Ces stratégies sont fondées sur l’apprentissage et le désapprentissage en tant que méthodologie décoloniale, développée collectivement dans le cadre du para-séminaire de recherche doctorale de Nora Sternefeld à la HFBK (Université des Beaux-Arts de Hambourg), auquel elle participe. Plus récemment, elle a fait partie du programme Art and Education de la documenta fifteen à Kassel en Allemagne, et a collaboré avec Biljana Ćirić et Balkan Projects à la conception du programme public Walking with Water, imaginé en relation avec le pavillon serbe de la 59e Biennale de Venise. Aujourd’hui, elle est chargée de la programmation de la prospective et de l’innovation sociale au Département de la culture et de la création du Centre Pompidou à Paris.

Tadeo Kohan est un commissaire d’exposition interdépendant travaillant entre Paris et Genève, il a étudié l’histoire de l’art moderne et contemporain, l’esthétique, la littérature et la linguistique. Ses projets examinent l’importance d’un regard prismatique liant objets et activations, avec un fort accent sur la performance, la danse et les politiques de l’espace.
En 2018, il co-fonde la plateforme curatoriale Collectif Détente avec Gabrielle Boder. Mandaté.e.s pour diriger la programmation de l’off space genevois ET-Espace Témoin durant deux ans (2018-2019), iels y développent une réflexion sur la pratique collaborative et expérimentale de l’exposition et explorent les relations entre arts plastiques, performance et dispositifs de monstration – objets, corps, décors. Rejoint par Camille Regli en 2020, le collectif lance le projet de recherche curatoriale « Stitches » centré sur la création textile contemporaine et ses fonctions dans le champ des revendications vis-à-vis du corps, de l’espace et de l’histoire.
En parallèle, Tadeo Kohan est collaborateur au sein de plusieurs institutions muséales à Paris telles que le Musée d’Art moderne, le Petit Palais ou le Musée national de l’histoire de l’immigration et à Genève le Musée d’Ethnographie, le Cabinet des Estampes, le Conservatoire et le Jardin botanique. En 2019, il est attaché de conservation au Cabinet d’art graphique du Centre Pompidou-Paris pour les collections modernes et contemporaines.
Il enseigne depuis 2020 à la HEAD – Haute École d’art et de design de Genève.

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Simona Dvorák et Tadeo Kohan
© Catherine Radosa

TRAVAIL EN BINÔME

Nous travaillons ensemble depuis près de deux ans dans une démarche commune de recherche autour des pratiques collaboratives, attentives et alternatives de l’exposition. Synthétisée, notre question pourrait être : « Qu’est ce que c’est, une exposition collective ? » Quelle relation pouvons-nous créer avec les acteur·trice·s engagé·e·s, le public (présent et futur) et l’espace lui-même dans son rapport à un territoire précis ? L’exposition est pour nous une situation spatio-temporelle, politico-sociale, et un prétexte à investir ces enjeux. Ainsi, la pratique curatoriale est pour nous un geste de collecte et de transmission de savoirs à travers un moment partagé dans un lieu, une situation rendue critique et ouverte à tous les formats - visibles ou invisibles.
Nous sommes également membres actif·ve·s de l’Initiative for Practices and Visions of Radical Care (fondée par Nataša Petresin Bachelez et Elena Sorokina) et de la Curatorial Hotline for Exiled Artists.

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